Une résilience enracinée dans les valeurs civilisationnelles
La résilience civilisationnelle en Iran est décrite comme une force millénaire, profondément enracinée et adaptable, permettant à la nation de résister à des siècles d'invasions, de sanctions et de troubles politiques. Elle fonctionne comme un mélange d'identité culturelle perse, d'idéologie islamique chiite et d'une mentalité de « résistance » stratégique, permettant à l'État de se relever des crises et de maintenir sa souveraineté.
La résilience de l'Iran repose sur une longue histoire continue, avec des racines culturelles profondes qui lui permettent d'absorber les pressions extérieures sans perdre son essence. Cela inclut une identité nationale forte, forgée au fil de l'histoire, qui a engendré un sentiment, voire une croyance, en une supériorité culturelle et une autonomie. Il s'agit d'une véritable « alchimie culturelle » qui transforme les défis extérieurs en croissance intérieure et en unité nationale, comme ce fut le cas pendant la guerre Iran-Irak.
La culture persane, imprégnée de valeurs islamiques, forme une structure idéologique unique et durable qui soutient la société. La société iranienne recourt à des rituels de deuil publics et, historiquement, à une « culture de la solidarité » pour surmonter les traumatismes et renforcer la cohésion sociale en temps de crise.
L'Iran se présente comme un acteur majeur d'un « nouvel ordre mondial » qui remet en cause l'« hégémonie » occidentale et soutient la « multipolarité ».
Depuis 1979, l'Iran a subi pendant près de 47 ans des sanctions américaines et internationales (principalement occidentales) d'intensité variable, avec des restrictions importantes et constantes en vigueur depuis la révolution islamique de 1979. Ces sanctions ciblées ont engendré des dommages économiques considérables, des crises bancaires, des perturbations des exportations de pétrole et une chute du cours de la monnaie. Le gouvernement iranien a maintenu le contrôle, instaurant une « économie de sanctions » pour contourner les restrictions.
L'espoir des alliés occidentaux de voir le nouveau gouvernement iranien céder à la pression internationale, ou s'effondrer rapidement, s'est avéré illusoire face au changement idéologique survenu avec la Révolution islamique.
Lors de la révolution de 1979, les puissances occidentales et les États-Unis ont agi sur la base de plusieurs hypothèses erronées. Le président Carter croyait que les dirigeants révolutionnaires agiraient de concert avec les forces modérées pour gagner en légitimité.
L'Occident a également mal interprété l'idée que le gel de 8 milliards de dollars d'avoirs iraniens et le boycott du pétrole iranien contraindraient le gouvernement à libérer rapidement les avoirs détenus. Il n'a pas tenu compte de la résistance acharnée de l'Iran face aux tentatives de le faire se soumettre à son tempérament religieux et politique. De nombreux analystes s'attendaient à un retour rapide à une vision plus pro-occidentale, synonyme de stabilité politique.
L'Occident s'est aveuglé face au nouveau gouvernement, qui a profité de la crise pour consolider son pouvoir et défier la pression internationale. La tradition chiite tire son efficacité d'une théologie de la guidance divine incarnée par l'infaillibilité des Imams (Ahl al-Bayt), offrant une interprétation structurée et ésotérique de l'islam qui met l'accent sur l'amour spirituel, la rigueur intellectuelle et la justice sociale.
La résilience de l'Iran face à une adversité sévère – sanctions internationales, difficultés économiques et catastrophes naturelles fréquentes – repose sur une combinaison de solides réseaux sociaux, de récits culturels et religieux et de stratégies d'adaptation individuelles. Les Iraniens font souvent preuve d'une « résilience tenace », s'adaptant à l'instabilité chronique grâce à des systèmes de soutien informels, à la solidarité communautaire et à une identité culturelle profondément enracinée, vieille de 6 000 ans, qui permet à la nation de se relever malgré les pressions constantes.
Aspects clés de la résilience en Iran
En temps de crise, les Iraniens s'appuient fortement les uns sur les autres, utilisant les réseaux sociaux pour partager des ressources et se soutenir psychologiquement. Le soutien informel entre pairs, notamment parmi les professionnels comme les enseignants et les soignants, contribue à pallier les carences des institutions surchargées et sous-financées. La culture iranienne a permis le développement du capital social et de la solidarité communautaire.
Les traditions profondément ancrées du pays, notamment les récits de martyre et de résistance, permettent aux individus de percevoir la souffrance comme une cause plus grande et plus noble. Les rituels de deuil publics et les pratiques religieuses (comme la prière et la récitation du Coran) aident à surmonter les traumatismes et à normaliser le chagrin au sein de la communauté. Ces pratiques représentent des mécanismes d'adaptation culturels et religieux propres au peuple iranien. Lorsque les dirigeants politiques américains évoquent les traditions chiites iraniennes, cherchent à les minimiser et à les discréditer, ils ne se sont jamais vraiment interrogés sur la manière dont leurs masses sécularisées et leurs églises libres, qui prêchent des idées évangéliques/pentecôtistes dépassées, ont éloigné les Occidentaux et conduit les chrétiens à une perte de spiritualité.
Les sanctions économiques imposées à l'Iran constituent une source de difficultés économiques majeures.
En raison des lourdes sanctions internationales, de la forte inflation (avec une hausse des prix alimentaires de plus de 70 % en 2025) et des difficultés économiques, les ménages ont adopté une forme de résilience de subsistance/d'adaptation économique. Celle-ci implique la diversification des sources de revenus, le recours aux activités économiques informelles et, dans les zones rurales, le développement de connaissances et de compétences locales pour gérer, par exemple, une sécheresse prolongée. Les femmes ont également fait preuve de résilience face à l'adversité. Les Iraniennes affichent un niveau élevé de résilience, notamment lors de catastrophes naturelles. Cette résilience s'appuie sur des mécanismes de soutien communautaires, familiaux, religieux et culturels.
Pour les adolescents placés en institution, la résilience est synonyme d'endurance : le refus d'abandonner et la capacité à tirer des leçons des épreuves passées pour construire un avenir meilleur. Le recours à la résilience est une stratégie essentielle pour surmonter les défis institutionnels et économiques.
Le système de santé iranien et, par exemple, le Croissant-Rouge ont démontré un niveau de résilience modéré face à la pandémie de COVID-19 et aux catastrophes naturelles, grâce notamment au soutien individuel, à l'autonomie et au soutien organisationnel.
La population fait preuve d'une grande résilience individuelle. Globalement, les catastrophes survenues dans certaines régions entraînent des améliorations systémiques, voire structurelles.
L'Iran met en œuvre une stratégie à plusieurs niveaux pour faire face à l'antagonisme occidental, en s'appuyant sur sa position de puissance majeure au Moyen-Orient grâce à une combinaison de « politique de résistance et d'alliances stratégiques avec les puissances orientales ».
Malgré les difficultés économiques, le gouvernement exploite ses vastes ressources naturelles (pétrole et gaz) pour maintenir la croissance économique. L'Iran a développé une « économie de résistance » visant à réduire sa dépendance aux revenus pétroliers et à promouvoir la production nationale.
La puissance militaire de l'Iran repose sur la dissuasion, grâce à des investissements dans la technologie des drones et les missiles de pointe, ce qui lui permet de projeter sa puissance et de menacer ses adversaires.
L'Iran a approfondi ses liens avec la Russie et la Chine, deux partenaires économiques et militaires majeurs. L'Iran a également rejoint l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et le groupe des BRICS, cherchant à s'allier avec des puissances non occidentales et à contourner les systèmes financiers dominés par l'Occident.
La force de l'Iran repose sur son unité nationale, sa volonté et sa résistance, bien plus que sur sa seule puissance militaire. L'Iran avertit ses adversaires que toute action militaire contre le pays entraînerait de graves conséquences pour l'agresseur et réaffirme son engagement à résister sans jamais capituler.
Forte d'une civilisation vieille de 6 000 ans, l'Iran a su survivre aux invasions et aux bouleversements étrangers, ce qui forge un fort sentiment d'identité nationale, véritable force unificatrice face aux défis contemporains.