Il a condamné les récentes déclarations du président américain, les jugeant contraires au droit international, et a exhorté à une action immédiate pour prévenir toute nouvelle escalade. Il a également averti que l’Iran exercerait son droit inhérent à la légitime défense, garanti par la Charte des Nations Unies, en cas d’attaque.
Dans une lettre officielle adressée le 19 février au Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, et au Président du Conseil de sécurité, James Kariuki, M. Iravani a cité les menaces répétées et explicites des États-Unis d’utiliser la force, notamment des allusions à d’éventuelles opérations militaires lancées depuis Diego Garcia et d’autres bases régionales.
L’envoyé iranien a affirmé que de telles déclarations constituent une violation de l’article 2, paragraphe 4, de la Charte des Nations Unies et risquent de déstabiliser une région déjà instable.
Tout en réaffirmant l’engagement de l’Iran en faveur de la diplomatie et des négociations nucléaires en cours menées dans le cadre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, M. Iravani a appelé le Conseil de sécurité à assumer sa responsabilité première de maintenir la paix et la sécurité internationales et d’empêcher la normalisation des menaces illicites et des actes d’agression potentiels.
Voici le texte intégral de sa lettre :
Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
Excellences,
Sur instruction de mon Gouvernement, et en référence à nos précédentes lettres datées du 30 décembre 2025 et des 2, 9, 13, 22 et 28 janvier 2026 concernant la menace persistante d’un recours à la force par les États-Unis d’Amérique contre la République islamique d’Iran, je vous écris à nouveau afin d’attirer votre attention, ainsi que celle des membres du Conseil de sécurité, sur les menaces continues proférées par des responsables des États-Unis de recourir à la force – notamment la récente déclaration publique du Président des États-Unis concernant l’utilisation de la base de Diego Garcia dans le cadre d’une potentielle attaque militaire contre la République islamique d’Iran – qui constituent une violation flagrante de la Charte des Nations Unies et du droit international et risquent de plonger la région dans un nouveau cycle de crises et d’instabilité.
Le 18 février 2026, dans une publication sur les réseaux sociaux, le président des États-Unis a de nouveau proféré une menace publique explicite d'usage de la force contre la République islamique d'Iran, déclarant : « … Si l'Iran refuse tout accord, les États-Unis pourraient être contraints d'utiliser Diego Garcia et la base aérienne de Fairford pour contrer une éventuelle attaque… »
Compte tenu de la situation instable dans la région et du déploiement et du renforcement constants de matériel et de moyens militaires par les États-Unis, une telle déclaration belliqueuse du président américain ne saurait être considérée comme une simple rhétorique ; elle signale un risque réel d'agression militaire, dont les conséquences seraient catastrophiques pour la région et constitueraient une grave menace pour la paix et la sécurité internationales.
La République islamique d'Iran demeure pleinement attachée aux buts et principes de la Charte des Nations Unies et aux solutions diplomatiques. La République islamique d'Iran s'est engagée de manière constructive, sérieuse et de bonne foi dans des pourparlers nucléaires avec le gouvernement des États-Unis, afin d'exprimer clairement ses préoccupations et d'exiger la levée intégrale et vérifiable des mesures coercitives unilatérales (MCU) illégales et inhumaines imposées à la nation iranienne. Elle a également cherché, sur une base de réciprocité, à lever les ambiguïtés concernant le programme nucléaire pacifique iranien, en vue de parvenir à une solution mutuellement acceptable et axée sur les résultats, pleinement conforme aux droits inaliénables reconnus de tous les États parties au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).
La République islamique d'Iran demeure convaincue que si les États-Unis abordent ces pourparlers avec le même sérieux et la même sincérité et font preuve d'un respect véritable des principes de la Charte des Nations Unies et des normes impératives du droit international, la conclusion d'une solution durable et équilibrée sera tout à fait possible.
Dans ce contexte, la République islamique d'Iran appelle Votre Excellence et tous les membres du Conseil de sécurité, conformément à la responsabilité première du Conseil en vertu de la Charte des Nations Unies, à savoir le maintien de la paix et de la sécurité internationales, à user pleinement de son autorité et de ses bons offices pour faire en sorte que les États-Unis cessent immédiatement leurs menaces illégales de recours à la force, respectent leurs obligations au titre de la Charte – notamment l'article 2, paragraphe 4 – et s'abstiennent de toute action susceptible d'aggraver les tensions ou de conduire à une confrontation militaire, dont les conséquences seraient graves et profondes pour la paix et la sécurité régionales et internationales.
Le Conseil de sécurité et le Secrétaire général doivent agir sans délai, avant qu'il ne soit trop tard. Le Conseil de sécurité ne doit pas permettre que les menaces de recours à la force et les actes d'agression soient normalisés, légitimés ou considérés comme une norme politique acceptable, ni qu'ils soient utilisés comme instruments de politique étrangère. Si de tels agissements illégaux restent impunis, un autre État membre souverain sera bientôt concerné.
La République islamique d'Iran a déclaré à plusieurs reprises, au plus haut niveau, qu'elle ne recherche ni les tensions ni la guerre et qu'elle n'initiera aucun conflit armé. Cependant, en cas d'agression militaire, l'Iran répondra avec fermeté et proportionnalité, exerçant ainsi son droit inhérent de légitime défense en vertu de l'article 51 de la Charte des Nations Unies. Dans de telles circonstances, toutes les bases, installations et ressources de la force hostile dans la région constitueraient des cibles légitimes dans le cadre de la riposte défensive de l'Iran. Les États-Unis assumeraient l'entière responsabilité de toute conséquence imprévisible et incontrôlée.
Je vous serais reconnaissant de bien vouloir diffuser la présente lettre en tant que document officiel du Conseil de sécurité.
Excellences, veuillez agréer, Madame, l'expression de ma très haute considération.