« Négocier, c'est dialoguer, pas dicter sa loi, et nous rejetons toute forme de diktat », a déclaré le chef de la diplomatie lors d'un entretien avec France 24 à Paris, mercredi.
Il a ensuite déploré le manque de véritable volonté des Américains, les tenant responsables de l'absence de toute piste de négociation en cours.
« La raison est claire : il n'y a aucune volonté, aux États-Unis, de mener de véritables négociations équitables », a-t-il déclaré, rappelant que l'Iran avait déjà prouvé son engagement diplomatique par le passé.
Le ministre a cité l'exemple de la participation de la République islamique au processus de négociation qui a abouti à l'accord nucléaire de 2015 entre l'Iran et les pays du monde, accord abandonné par Donald Trump lors de son précédent mandat.
Il a également évoqué le processus de négociation entamé en début d'année, mais irrémédiablement interrompu par la guerre conjointe, illégale et imposée par Israël et les États-Unis contre l'Iran.
Malgré tout cela, a déclaré M. Araghchi, la position de Téhéran équivaut non pas à un rejet de la diplomatie, mais à un rejet de toute négociation menée sous la contrainte.
« Le jour où le gouvernement américain annoncera être prêt à mettre de côté ses exigences excessives et imposées et à engager un dialogue sérieux et mutuellement avantageux, fondé sur des intérêts réciproques, l'Iran ne dira jamais non », a-t-il affirmé.
« Mais nous ne constatons pas cette disposition pour l'instant. Nous ne sommes pas pressés. Nous attendons, et nous patienterons jusqu'à ce que les États-Unis fassent preuve d'une réelle volonté au lieu de formuler des exigences démesurées », a souligné le ministre des Affaires étrangères.
L'entretien a également abordé la diplomatie régionale et les récentes révélations médiatiques concernant une lettre envoyée par le président Massoud Pezeshkian au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.
M. Araghchi a catégoriquement rejeté les allégations selon lesquelles cette communication concernait d'éventuelles négociations entre l'Iran et les États-Unis, sous l'égide de Riyad.
Il a toutefois déclaré que la République islamique « fait pleinement confiance » au royaume sur la question nucléaire, affirmant que les relations bilatérales et la confiance entre les deux parties s’étaient améliorées ces dernières années.
Par ailleurs, le responsable a réaffirmé que le défi auquel l’Iran était confronté sur le dossier nucléaire ne résidait pas dans un manque de médiateurs, mais dans l’approche de Washington en matière de négociations.
Objection à la résolution du Conseil des gouverneurs de l’AIEA
Araghchi a ensuite abordé le rejet par la République islamique de la dernière résolution anti-iranienne du Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui exigeait un accès rapide et inconditionnel aux sites nucléaires iraniens touchés lors de la guerre israélo-américaine.
Selon lui, la résolution ignore les « réalités du terrain », notamment les attaques et leurs conséquences.
Le responsable a souligné que de tels bombardements de sites nucléaires civils étaient sans précédent et que l’agence ne disposait d’aucun protocole pour l’inspection des installations nucléaires endommagées par les bombardements.
« Négocier, c'est dialoguer, pas dicter sa loi, et nous rejetons toute forme d'injonction », a déclaré le chef de la diplomatie iranienne lors d'un entretien accordé à France 24 à Paris mercredi, selon Press TV.
Il a ensuite dénoncé le manque de véritable volonté des Américains, les tenant responsables de l'absence de toute négociation en cours.
« La raison est claire : il n'y a aucune volonté, aux États-Unis, d'engager de véritables négociations équitables », a-t-il affirmé, rappelant que l'Iran avait déjà prouvé son engagement diplomatique ces dernières années.
L'accès aux sites attaqués demeure dangereux en raison des munitions non explosées, de la contamination chimique et radioactive, et du risque de nouvelles frappes israéliennes ou américaines. Un nouveau cadre de sécurité est donc indispensable avant que les inspecteurs puissent accéder aux zones endommagées, a-t-il expliqué.
Il a exhorté les membres du conseil d'administration à éviter toute nouvelle escalade jusqu'à la finalisation de ce nouveau cadre définissant les modalités d'inspection des installations concernées.
« Israël et les États-Unis ont sous-estimé la force de l’Iran »
Abordant la question de la guerre, Araghchi a déclaré que le régime israélien et les États-Unis avaient mal évalué la force de l’Iran pendant le conflit, marqué par des frappes de missiles iraniens contre des cibles ennemies « avec une puissance et une précision croissantes » en guise de représailles.
Il a rappelé que ces représailles avaient contraint Tel-Aviv et Washington à demander un cessez-le-feu, malgré leurs exigences initiales de « capitulation sans condition » de l’Iran.
Échange de prisonniers avec la France
Araghchi a également commenté le cas des ressortissants français Cécile Kohler et Jacques Paris.
Ces derniers étaient détenus en Iran pour espionnage, mais se trouvent actuellement à l’ambassade de France à Téhéran, dans l’attente d’un permis de sortie du territoire en vue de leur échange avec l’universitaire iranienne Mahdieh Esfandiari, arrêtée en France en février pour son militantisme pro-palestinien.
« Cet échange a déjà été négocié entre l'Iran et la France, et un accord a été trouvé. De notre côté, tout est prêt. Nous attendons désormais la conclusion des procédures juridiques et judiciaires dans les deux pays », a déclaré le ministre des Affaires étrangères.
Il a ajouté que le calendrier de l'échange dépendait toutefois du calendrier judiciaire français, et notamment de l'audience à venir d'Esfandiari.
« Son audience en France est prévue pour la mi-janvier. Selon la durée des procédures judiciaires, le processus pourrait être conclu dans un délai d'un ou deux mois. Mais au plus tard, l'échange de prisonniers aura lieu à la mi-janvier, sous réserve que le tribunal français ait finalisé sa procédure. »