Date de publication29 Jun 2022 - 12:41
Code d'article : 555494

L'Iran dénonce les abus répétés de l'autorité du CSNU par certains États

Taghrib(APT)
Taghrib(APT)-L'ambassadeur et représentant permanent de l'Iran auprès des Nations unies, Majid Takht Ravanchi, a vivement critiqué l'abus des fonctions et des pouvoirs du Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU) par certains pays.
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"Un examen franc des pratiques du Conseil de sécurité révèle que l'autorité et les pouvoirs du Conseil ont été abusés à plusieurs reprises par certains États", a déclaré M. Takht Ravanchi lors d'un débat ouvert sur "la mise en œuvre de la note du président du Conseil de sécurité".

Voici le texte intégral du discours de l'ambassadeur iranien à l'ONU :

Monsieur le Président, 

Je vous remercie d'avoir organisé ce débat ouvert. Je remercie également les informateurs pour leurs exposés instructifs.

Accroître l'efficience et l'efficacité du Conseil de sécurité doit toujours être considéré comme un travail en cours, car la nature et la portée des défis liés à la paix et à la sécurité internationales évoluent constamment. Le Conseil de sécurité doit donc s'engager à améliorer continuellement l'efficacité et la transparence de son travail, ainsi que son interaction et sa communication avec les non-membres du Conseil. À cette fin, la réforme et l'évolution du Conseil en un organe totalement transparent, fondé sur des règles et, surtout, responsable, constituent la méthode la plus efficace pour garantir sa transparence, son efficience et son efficacité. C'est la raison pour laquelle les "méthodes de travail" du Conseil figurent parmi les cinq principaux sujets examinés dans le cadre des discussions en cours sur la réforme du Conseil de sécurité. 

Nous saluons les efforts et les mesures significatives qui ont été prises ces dernières années pour améliorer les méthodes de travail du Conseil ; néanmoins, ces efforts n'ont pas répondu aux attentes des membres de l'ONU car ils ont été peu nombreux et lents. Par conséquent, conformément aux discussions sur le sujet dans le cadre des "Négociations intergouvernementales", les efforts pour avancer dans ce domaine doivent être accrus, notamment au sein du Conseil lui-même. 

Dans ce contexte, je souhaiterais aborder les points suivants.

1 Le Conseil de sécurité doit adhérer aux buts et principes des Nations Unies dans toutes ses procédures de prise de décision. Le plein respect de la Charte des Nations unies permettra au Conseil de s'abstenir d'adopter des décisions ultra-vires qui contreviennent à la Charte des Nations unies, ou d'examiner des circonstances qui ne constituent pas une menace pour la paix et la sécurité internationales ainsi que des questions relevant des affaires intérieures des États. Cela aidera le Conseil à éviter l'abus ou la surutilisation de ses fonctions au titre du chapitre VII et à s'acquitter plutôt de ses obligations en vertu de ce chapitre, de manière appropriée et responsable.

2-Le Conseil de sécurité doit évaluer l'efficacité des sanctions et leurs répercussions humanitaires à différents stades du conflit et les suspendre ou les lever selon les besoins. Les sanctions, c'est bien connu, ont de graves conséquences humanitaires, comme nous l'avons tous constaté lors de la pandémie de COVID-19, mettant gravement en danger la santé et la vie des populations civiles. En outre, il est souvent difficile pour les acteurs humanitaires de travailler dans un environnement où les sanctions prévalent. 

3-Le système des Nations Unies est fondé sur le multilatéralisme. Face à des défis mondiaux graves et de plus en plus complexes, le Conseil doit pratiquer et défendre un véritable multilatéralisme, qui nécessite de résoudre les problèmes internationaux par la collaboration. Un examen franc des pratiques du Conseil de sécurité révèle que l'autorité et les pouvoirs du Conseil ont été abusés à maintes reprises par certains États qui, dans la poursuite de leurs objectifs politiques à courte vue, notamment à l'encontre des pays en développement, considèrent cet organe comme leur outil privilégié pour exercer des pressions sur d'autres pays. Une telle conduite non seulement viole la Charte des Nations Unies et les principes fondamentaux du droit international, mais démontre également un manque de respect pour l'autorité et les pouvoirs du Conseil, mettant en péril son intégrité et son efficacité. 

4-Le nombre de questions discutées au Conseil n'a cessé d'augmenter ces dernières années, ce qui est très préoccupant. Le Conseil devrait faire preuve de prudence lorsqu'il introduit de nouveaux sujets à examiner et maintenir la cohérence de ses priorités. Pour éviter de dupliquer les efforts et d'empiéter sur le mandat de l'Assemblée générale, le Conseil devrait améliorer la communication et la coopération avec l'Assemblée générale et les autres organes des Nations unies sur les questions transversales.

5-Les rapports annuels du Conseil de sécurité devraient contribuer à la transparence et à l'obligation de rendre compte des décisions et des mesures prises par le Conseil de sécurité, qui font tant défaut. Lors des récents débats de l'Assemblée générale sur cette question, la grande majorité des États membres ont renouvelé leur appel au Conseil de sécurité pour qu'il présente un rapport annuel qui aille au-delà d'une simple compilation de ses activités.



6- Et enfin, l'amélioration constante des méthodes de travail du Conseil doit être reconnue comme une responsabilité partagée des membres du Conseil et, plus généralement, de l'ensemble des membres des Nations Unies. Nous sommes prêts à contribuer de manière constructive à de tels efforts.

Je vous remercie Monsieur le Président
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