Date de publication25 Feb 2018 - 17:42
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Une élection présidentielle sans surprise en Egypte

Taghrib (APT)
Seuls deux candidats restent en lice alors que débute la campagne officielle pour les élections présidentielles qui auront lieu du 26 au 28 mars prochain.
Une élection présidentielle sans surprise en Egypte
Deux candidats seulement s'opposeront aux élections présidentielles égyptiennes, qui s'ouvrent le 26 mars, parmi lesquels le président sortant Abdel-Fattah al-Sissi, candidat à sa propre succession , et déjà assuré de sa victoire.

Abdel-Fattah al-Sissi, 63 ans, ancien chef des services de renseignements militaires, nommé ministre de la Défense par Mohammed Morsi en août 2012, qu'il contribua à renverser un an plus tard, brigue un second mandat de quatre ans. Le leader nationaliste avait été élu en mai 2014 avec 97% des voix.
 

Mardi 20 février a été publié la liste des candidats autorisés à se présenter, laquelle comportait deux noms. Seul candidat face à al-Sissi, Moussa Mostafa Moussa, à la tête du parti al-Ghad, formation centriste libérale et laïque.

Moussa a soumis sa candidature quinze minutes avant l'heure limite de réception des dossiers. Les critiques du pouvoir dénoncent une candidature prétexte

Moussa a soumis sa candidature quinze minutes avant l'heure limite de réception des dossiers et dit s'être engagé dans «une compétition juste et honorable, avec l'intention de la remporter». «Nous avons un programme honorable à présenter au peuple égyptien, et nous nous présentons comme n'importe quel autre candidat», a déclaré à la presse Mahmoud Moussa, chef adjoint de son parti.

Les critiques du pouvoir dénoncent une candidature prétexte, soutenant que celle-ci a été déposée pour donner au scrutin un vernis démocratique. Ils ont souligné la présence, sur la page Facebook de Moussa Mostafa Moussa, d'une publication soutenant la candidature du président sortant al-Sissi.

La course aux présidentielles a été le théâtre depuis quelques mois d'une lutte visant à écarter les principaux rivaux du président sortant. Ainsi, Ahmed Chafik ancien premier ministre d'Hosni Moubarak en 2011 durant les manifestations, a été, en décembre dernier, retenu aux Émirats Arabes Unis où il réside après avoir annoncé son souhait de se porter candidat. Il a été expulsé quelques jours plus tard après avoir retiré sa candidature.

Sami Anan, chef d'État-major sous Morsi jusqu'en 2012, a été arrêté à la fin du mois de janvier dernier, accusé d'inciter à la division entre le peuple et l'armée, de falsification de documents, et d'avoir contrevenu, par sa candidature, aux «procédures requises pour mettre fin à son service actif dans l'armée» selon un communiqué de l'armée.

«Atteinte à la décence publique»
Une figure de l'opposition de gauche, Khaled Ali, un avocat défenseur des droits de l'homme, engagé dans la lutte contre la corruption et la défense des travailleurs, a renoncé à se porter candidat le 24 janvier. Il avait été condamné en septembre 2017 à trois mois de prison pour «atteinte à la décence publique», accusé d'avoir fait un bras d'honneur devant une cour de justice.

Après la révolution de 2011 et la chute d'Hosni Moubarak et du pouvoir militaire, l'arrivée de Mohammed Morsi à la tête de l'Égypte avait fait espérer une amélioration dans le pays rongé par les inégalités et muselé par la dictature. Les manifestations de défiance à l'égard de la politique liberticide du dirigeant, un an plus tard, mettront fin à cet espoir. Abdel-Fattah al-Sissi avait succédé à Morsi en 2014, après un putsch mené par l'armée suivie d'élections.
http://www.taghribnews.com/vdcc40q142bqs08.cla2.html
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