Date de publication25 May 2020 - 11:26
Code d'article : 463801

L'Occident et ses alliés ne veulent pas la vraie démocratie en Tunisie

Taghrib (APT)
Il y a quelques jours en Libye, pas loin de la frontière tunisienne, où les Émirats arabes unis semblent mener une guerre de façade contre la Turquie, cette dernière a pris, par le GNA interposé, le contrôle de la base d’al-Watiya. Et voici que le président tunisien hausse le ton contre Abou Dhabi qui, selon lui, se fait l’illusion de faire revivre la Tunisie les jours sombres du passé. « Abou Dhabi est hostile à la toute nouvelle expérience démocratique en Tunisie », a affirmé Kaïs al-Saïed, président tunisien. Il a également souligné que « son pays ne retournerait pas à son sombre passé ».
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« Ce sur quoi vous avez misé n’est qu’un pure illusion », a averti al-Saïed cité par les médias tunisiens en s’adressant à ceux qui ont un penchant pour le passé .

D’éminents politiciens et militants tunisiens ont accusé le gouvernement des Émirats arabes unis d’être hostile à l’expérience démocratique de la Tunisie et d’avoir la tentative de confisquer les décisions gouvernementales en injectant d’importantes sommes d’argent en Tunisie et en tentant de dévier la voie vers un scénario similaire des événements de 2013 en Égypte.

« Dans les circonstances exceptionnelles du pays provoquées par le coronavirus, beaucoup essaient de réaliser leurs propres rêves perturbés », a-t-il déploré.

« Certains d’entre eux souhaitent toujours un retour vers le passé, c’est-à-dire à la période de l’avant de la révolution de 2011. D’autres se préparent pour ce qu’ils voient et ce qu’ils désiraient tandis que certains d’autres sont malheureusement habitués à l’hypocrisie, au mensonge et à la calomnie », a-t-il précisé.

« Ceux qui sont prêts à semer le chaos et à mettre le feu aux avoirs de la nation seront sans l’ombre d’un doute les premiers à être brûlés par ses flammes. »

« Notre nation ne revendique que son droit à la vie. Le Tunisien ne veut pas être considéré le jour des élections comme un citoyen, mais le jour suivant comme un citoyen de seconde zone. Il veut être un citoyen à part entière dans un pays où il jouit de tous ses droits. »

« Il y a des gens qui aiment seulement vivre dans le chaos tandis que le gouvernement et les institutions ont chacun leur propre règlement et les citoyens ont des droits. »

« Nous pouvions répondre à ceux qui cherchent à évoquer des questions imaginaires plus que vous ne le pensez, mais nous sommes plus attachés aux valeurs morales qu’à la mise en application de la loi. »

Le président du Parlement tunisien, Rachad al-Ghannouchi, a pour sa part appelé le peuple dans une lettre diffusée à l’occasion de l’Aïd al-Fitr à la solidarité, à l’unité et au calme.

« Tout comme nous avons remporté la victoire en ce qui concerne la politique et la liberté, nous devons également la remporter dans le développement et l’instauration de l’égalité sociale », a déclaré al-Ghannouchi.

Ces derniers jours, les médias émiratis et saoudiens l’ont accusé d’avoir accumulé une fortune après son retour en Tunisie.

Et ce, alors que le site Arabie 21 a diffusé des documents qui prouvent que Ghannouchi n’a qu’une maison achetée dans les années 1970, qu’une voiture modèle 2011 et qu’un compte bancaire avec 52 000 dinars (18 000 dollars) sur lequel est versé son salaire.

Certains observateurs sont d’avis que l’objectif de l’attaque coordonnée des Saoudiens et des Émiratis est de semer la discorde entre le Parlement tunisien et la Présidence tunisienne et de faire éclater des conflits marginaux inter-fractions en vue de fracturer le gouvernement tunisien.

 Pour d’autres, l’objectif est de camoufler par Riyad et Abou Dhabi leur défaite en Libye.

Avec le déclenchement de la révolution populaire en Tunisie, l’Arabie saoudite avait donné refuge à l’ancien dictateur Zine al-Abidine Ben Ali.

Ces informations tombent alors qu’il y a quelques jours, la Turquie, par le GNA libyen interposé, a pris le contrôle de la base d’al-Watiya dans l’Ouest libyen soit à 27 kilomètres de la Tunisie.

En Libye voisine, certains pourraient encore naïvement croire en une guerre de façade entre la Turquie qui soutient le gouvernement d’union nationale (GNA) et les Émirats arabes unis qui soutiennent l’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar, un peu comme en Syrie où la Turquie, bien qu’elle se déclare en lutte contre les forces kurdes soutenues par les États-Unis, semble agir main dans la main avec Israël…

Or, la réalité est tout autre. La Libye profitant de vastes ressources de pétrole offshore, des rapports disent d’ores et déjà qu’Ankara, dont les antécédents dans la vente illégitime de pétrole en provenance d’Irak par Daech interposé sont de notoriété publique, projette d’exporter du pétrole libyen vers l’Europe, ce qui nuirait considérablement aux projets gaziers et pétroliers européens de Moscou.

Il paraît qu’ayant échoué à enfoncer l’Algérie voisine dans le chaos en abusant des contestations de rue, lesquelles ont d’ailleurs révélé une implication israélienne au niveau de préparation d’émeutes et d’entraînement d’éléments infiltrés, le camp atlantiste se focalise aujourd’hui sur la Tunisie, afin de réaliser ses objectifs régionaux. C’est dans un tel contexte qu’il faudrait analyser les déclarations des responsables tunisiens, là où ils expriment leur inquiétude liée aux agissements de l’axe saoudo-émirati.
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