Date de publication2 Apr 2020 - 0:28
Code d'article : 457142

L'Arabie saoudite risque de perdre tout dans ses guerres

Taghrib (APT)
La "vache à traire" vient d'être décapitée : le 25 mars les Etats-Unis ont nommé la pro-Rumsfeldiste Victoria Coates comme leur envoyé spécial pour l'énergie, l'envoyant à Riyad prendre le contrôle d'Aramco que Ben Salmane, dans son excès de cécité stratégique a privatisé à hauteur de 1.5 pourcent en décembre dernier. L'intéressée a pour mission d'achever le processus de privation du peuple saoudien et partance, du trône, de leur unique source de revenu qu'est le pétrole et de s'emparer totalement d'Aramco.
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La guerre pétrolière que Riyad a lancée contre la Russie et qu'il est en train de perdre fera le reste. Les USA viennent en effet de décliner l'offre d'alliance que Riyad a faite à leur adresse, arguant que le sujet ne se pose même pas en ces temps de tension avec la Russie. Il y a deux jours Trump s'est entretenu avec Poutine du pétrole et de la Covid-19 et on parie que la teneur des discussions ne plairait guère à Ben Salmane. 

En effet , selon la Maison Blanche, la formation d’une alliance pétrolière avec l'Arabie saoudite est peut-être envisageable mais la nécessité ne s'en pose pas pour l'heure puisqu'il faut d'abord gérer le marché mondial du pétrole »! La proposition a été donc présentée aux conseillers à la sécurité nationale de la Maison Blanche mais a été classée sans suite. L'idée d'une alternative américano-saoudienne à l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, (OPEP) dont l'Arabie saoudite est le chef de facto, "a été lancée sans donc être prise au sérieux, et ce, bien que Trump ait nourri les relations avec l'Arabie saoudite avec en toile de fond des centaines de milliards de dollars d'armes américaines vendues à Riyad qui a perfidement compensé les cargaisons de brut perdues de l'Iran, 2ème producteur de l'OPEP, et ce, dans la foulée des sanctions US de 2018.

Maintenant que le prix du baril de pétrole tombe à son plus bas niveau depuis 18 ans en raison d'un excès de l'offre mondiale pour une demande réduite du fait de la pandémie de coronavirus et du différend russo-saoudien, pourquoi alors faire dans la dentelle et ménager les Saoudiens? Les analystes tendent trop à accentuer la chute des cours affectant les producteurs du schiste américain dans cette histoire. Mais depuis deux ans déjà on savait que le pétrole du schiste US, c'est fini : Déplétion trop rapide des puits, rentabilité problématique, raréfaction des meilleurs gisements, besoin permanent de financements et une offre qui ne correspond pas forcément à la demande...

L'Arabie saoudite a annoncé le lundi 30 mars son intention de porter en mai, ses exportations pétrolières au niveau record de 10,6 millions de barils par jour (mbj). Le géant Saudi Aramco a même annoncé qu'il allait «fournir à ses clients 12,3 millions de barils par jour de brut en avril», faisant état d'une augmentation de la production. Cela représente 300 000 barils par jour de plus que la capacité maximale actuelle d'Aramco. L'ennui, c'est que les puissances asiatiques, principales clients du pétrole saoudien n'en veulent pas. Pire, alors que les responsables de l'administration Trump commencent à parler avec précaution de la relation avec Riyad, les législateurs américains ont adopté une approche bien significative, montrant les types de menaces législatives auxquelles le royaume est confronté s'il ne lâche pas Aramco. Un projet de loi présenté ce mois-ci par les sénateurs républicains Dan Sullivan et Kevin Cramer envisage le retrait des troupes américaines du royaume. L'avertissement est ainsi lancé au prince héritier, Ben Salmane : « Les États-Unis doivent sérieusement reconsidérer le niveau du soutien américain - y compris le soutien militaire - pour de tels partenariats qui eux ne nous supportent pas à leur tour », a déclaré Sullivan.
https://taghribnews.com/vdchkqnki23nmzd.4ft2.html
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