Date de publication30 Mar 2020 - 19:26
Code d'article : 456951

Les analystes parlent de l'ampleur de l'opération des Yéménites

Taghrib (APT)
Ce fut une véritable tempête : cité par Al-Mayadeen, le porte-parole des forces armées yéménites, le général Saree, a fait état le dimanche 29 mars de l'une des plus spectaculaires opérations militaires de ce début du 21ème siècle laquelle à base de missiles et de drones! D'ores et déjà, l'étendue de la zone visée donne une petite idée de l'ampleur de l'opération : la campagne missiles-drones a couvert presque la moitié du royaume saoudien allant depuis les trois provinces du sud ( Jizan, Assir, Najran) à la capitale Riyad. Selon le général, une combinaison de missiles balistiques et de drones-kamikaze ont pris pour cible des " dizaines d’objectifs sensibles" au cœur du royaume pour confirmer ce que les analystes ne cessent de souligner depuis le septembre 2019 et la frappe contre Aramco : l’Arabie des Salmane n'a plus aucune profondeur stratégique! 
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Les analystes militaires relèvent outre l'ampleur de l'opération, les capacités renouvelées d'Ansarallah à "coordonner" à la fois une si complexe combinaison de missiles et de drones : les missile balistiques Zulfaqar ont  ciblé la capitale Riyad tandis que des drones piégés Samad-3 se sont abattus sur Jizan. Simultanément, d'autres missiles balistiques de type Badr et des drones kamikaze Qassef k2 ont pris pour cible Assir, Najran et Jizan. Pour ces mêmes analystes, il y a là des signes qui ne trompent pas : la Résistance yéménite qui domine désormais la quasi totalité du nord yéménite a irréversiblement inversé les rapports de force, ce dont les Etats-Unis mais aussi les Emirats arabes unies ont tout intérêt à prendre en compte. 

En effet, certains observateurs politiques qui commentent ces jours-ci les exercices militaires conjoints USA/Emirats, menés du 21 au 22 mars et en pleine épidémie de Covid-19 dans le camp d’entraînement el-Hamra, disent que la manœuvre fait bien écho aux craintes américaines d'une montée en puissance irréfragable d'Ansarallah dont les capacités militaires sont propres à donner des grains à moudre aux USA dans la région stratégique de Bab el-Mandeb. L'un de ces analystes Baqir Jabar al Zubaidi, estime même que les "Houthis" s'apprêtent à frapper les ports, les sites et les pipelines saoudo-émiratis dans le golfe Persique et en mer Rouge. A vrai dire, les craintes US sont bien fondées rien qu'à suivre de plus près ce qui s'est produit le 29 mars. 

Dimanche dans la matinée, le commandement militaire saoudien a annoncé que ses systèmes de défense anti-missile, constitués principalement de batteries MIM-104 Patriot, ont intercepté "avec succès" deux missiles balistiques hostiles au-dessus de Riyad. Peu de temps après, les autorités saoudiennes ont appelé les populations à ne pas « aider l’ennemi » en prenant des photos ou des vidéos amateurs lors des attaques. La raison était claire : Riyad avait menti, ses batteries de missiles ayant été prise de court par un "missile houthi inhabituellement rapide". 

Des images vidéos amateurs d'origine saoudienne montrent en effet comment le Patriot échoue encore à intercepter les missiles: l’un des deux missiles Patriot se détourne subitement de sa trajectoire, rate le missile yéménite et se rabat vers le sol avant d’exploser violemment. 

Un deuxième point important à retenir sur les images est de loin le plus inquiétant : la vitesse de l'engin yéménite dépasse largement celle du missile Patriot! Les médias saoudiens parlent d'un "engin ennemi de Mach 3 et 4 alors que la vidéo met clairement en scène une vitesse beaucoup plus importante laquelle dépasse largement le Patriot, d'où d'ailleurs l'échec d'interception. 

Pour le reste, les photos que les médias saoudiens prétendent être celles des missiles "houthis" appartiennent effectivement au missile Patriot

La première image montre le reste du PAC3, la deuxième un missile PAC3 tiré. Les flèches en orange montent la partie qui prouve qu'il s'agissait bien d'un PAC3. (Images de Mashregh News)

De quel missile s'agit-il ? C'est le Zolfaqar qui a largement réussi à mettre au pas le Patriot. Ainsi l'axe de la Résistance vient d'envoyer un important message non seulement à Riyad et à Abou Dhabi mais aussi aux Etats-Unis dont les GI's occupent d'ores et déjà  l'île de Socotra : les bases américaines en mer Rouge ne sont pas à l'abri des missiles et des drones d'Ansarallah et c'est là la "surprise" qu'avait promise le leader du mouvement jeudi dernier à l'occasion du sixième anniversaire d'une guerre que l'Amérique et ses acolytes ont perdue.

Après la spectaculaire frappe de 2019 contre Aramco où le missile Patriot a été totalement discrédité, en voici un nouveau revers et pas des moindres : Selon la vidéo amateur publiée samedi soir, Riyad a employé pour la première fois le modèle PAC3, entrée en fonction il y a un an, et ce, dans l'espoir de pouvoir contrer la puissance de frappe d'Ansarallah. C'est un modèle dont chaque missile coûte environ 4 millions de dollars. Et bien c'est raté : la première expérience de ce système tourne au fiasco. Et dire que les troupes US se croient à l'abri en Irak à la faveur de leurs Patriot et que leurs collèges sionistes en font autant en pensant au Dôme de fer, lui aussi une variante de Patriot. Ansarallah a brisé la mythologie ABM. 
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