Date de publication25 Mar 2020 - 14:26
Code d'article : 456347

Le Mali est au bord de la falaise

Taghrib (APT)
Le 17 janvier, La Tribune Afrique écrivait: "La production industrielle d’or au Mali a battu un nouveau record en 2019 en atteignant 65,1 tonnes, soit une progression de 7 % par rapport à 2018. Troisième producteur d’or en Afrique, le Mali a adopté un plan de développement du secteur minier et pétrolier 2019-2023, pour mieux en tirer profit."
Le Mali est au bord de la falaise
La dernière partie de la phrase demande une rectification:" Le Mali a adopté un plan de développement du secteur minier et pétrolier 2019-2023, pour que la force d'occupation en tire un plus grand profit." Car cet argent de l'or et du pétrole pompé depuis 2013 par Barkhane et compagnie ne profite pas aux Maliens et ce méga détournement se manifeste au grand jour dans des temps comme ceux que vit le Sahel.

A l'heure où l'épidémie de Covid-19 importée par les Européens commence à s'amplifier, le ministère malien de la Santé communique des informations révoltantes. Le plus grand hôpital de l'un des plus riches pays au monde, soit le Mali, ne dispose que de 600 litres de gel hydro-alcoolique, malgré "un besoin de 500 000 litres", de 59 "thermoflash" pour prendre la température, alors qu'il en faudrait 20 000, et de 2 000 kits de tests et de zéro caméra thermique adaptée.

A regarder de plus près, ce sous-équipement répond à la même logique que celle qui régit l'attitude des forces d'occupation vis-a-vis de l'armée malienne. Après tout, le secteur sanitaire tout comme l'institution militaire, sont liés à la vie des Maliens, ce qui importe si peu aux puissances colonialistes.

Ceci état, le grand Mali sait bien s'y prendre. Alors qu'en France les patients français sont abandonnés à leur sort, au Mali, on prémédite le pire ; un extraordinaire sens d'organisation détaillé par le directeur du plus grand hôpital du Mali se confie à l'AFP: "Si aucun cas n'a encore été déclaré dans le pays, les autorités essaient tant bien que mal d'anticiper le pire des scénarios. A Bamako, dès que l'épidémie a commencé à se propager hors de Chine, le Dr Ilo Bella Diall a fait rénover un bâtiment désaffecté de l'hôpital qu'il dirige au Point-G, un quartier de la capitale, transformé en centre de confinement avec sept lits."

C'est peu, mais c'est extraordinaire. Pour le secteur sanitaire, la vie des Maliens compte. Et on compte surtout sur le sens de discernement et la sagesse du grand peuple du Mali. "Nous sommes en train de nous préparer au pire. Les moyens que nous avons ne nous permettent pas d'être derrière chaque Malienne et chaque Malien », a dit le Premier ministre Boubou Cissé, en esquivant une question qui vient à l'esprit de tous les Maliens: "Ce manque de moyens à qui en revient la faute ?" 
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