Date de publication12 Nov 2019 - 15:12
Code d'article : 442481

La Russie négocie pour créer une nouvelle base

Taghrib (APT)
Des médias font part des négociations entre Damas et Moscou pour prêter aux Russes l’aéroport de Qamishli près de la frontière syro-turque.
La Russie négocie pour créer une nouvelle base
La Russie a établi des négociations avec la Syrie en vue de signer un contrat de bail de 49 ans, permettant la location de l’aéroport de Qamishli, situé dans la province syrienne de Hassaké, à seulement quelques kilomètres de la frontière turque, a écrit ce lundi 11 novembre le journal russe Nezavissimaïa Gazeta.

La semaine dernière, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, basé à Londres, a pour la première fois annoncé une nouvelle à ce sujet. En réaction, le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié ces informations de « pas très fiables ». « Je ne sais pas d’où viennent ces déclarations », a affirmé vendredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Certains médias ou milieux politiques estiment pourtant probable que la Russie pense à créer une nouvelle base dans le Nord syrien par souci d’assurer ses intérêts dans la région. Il pourrait donc s’agir d’un centre d’orientation des opérations aux missiles pour écarter d’éventuelles attaques américaines sur toute la région, disent ces sources.

« La création d’une nouvelle base russe à Qamichli placera les missiles défensifs russes dans un endroit plus proches des bases militaires américaines dans la région du Moyen-Orient », a écrit le site d’information Al-Monitor qui ajoute :

    « Une fois installé à l’aéroport de Qamishli, le système radar des batteries de missile S-400 russes couvrira une vaste zone étendue vers l’Est et sera ainsi capable de détecter toute activité aérienne des États-Unis en Irak. La signature d’un contrat de location d’une nouvelle base militaire sur le territoire syrien révélera les objectifs géopolitiques à long terme de la Russie au Moyen-Orient. »

Une mesure qui renforcera les positions d’Assad

La ville de Qamishli et son grand aéroport militaire se situent dans une région habitée par une population à majorité kurde. D’autres minorités comme des Arméniens, des Assyriens et des juifs aussi vivent dans le district de Qamishli, leurs ancêtres ayant fui il y a des années le massacre commis par l’Empire ottoman. La ville de Qamishli n’est jamais tombée aux mains de Daech. Avant l’opération « Source de paix » de l’armée turque, la ville était contrôlée par les forces kurdes soutenues par les États-Unis.

Une présence permanente de la Russie à Qamishli et surtout à son aéroport militaire aiderait le gouvernement de Bachar al-Assad à renforcer son contrôle sur cette zone et agirait en faveur d’une réconciliation entre les Kurdes et Damas. Par ailleurs, la présence militaire russe éloignera les forces turques et américaines de cette région.

Cette question a un troisième aspect qui a déjà provoqué des inquiétudes chez l’Occident. En se retirant des zones frontalières du Nord syrien, les États-Unis ont effectivement confié aux Russes le contrôle de cette région stratégique.

À en croire des experts russes, Moscou n’aurait aucun besoin d’installer la base militaire, la station radar et le système d’alerte balistique près de la frontière turque en Syrie. Cependant, le déploiement d’une batterie de missile S-400 pourrait s’avérer efficace pour assurer la sécurité aérienne du Nord-Est syrien. Et si c’est le cas, ce système pourra couvrir à la fois le ciel de la Syrie, de la Turquie et de l’Irak.
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