Date de publication16 Oct 2019 - 11:50
Code d'article : 440199

Les Israéliens s'inquiètent de nouvelles décisions américaines

Taghrib (APT)
Le journal en ligne Haaretz évoque dans une note les crises dans les relations entre Tel-Aviv et Washington, décrivant le double langage américain envers les FDS comme un désastre stratégique pour le régime de Tel-Aviv.
Les Israéliens s
« Le retrait américain de la Syrie est un désastre stratégique pour Benjamin Netanyahu, et s’il reste quelque chose de “l’alliance de défense” entre Washington et Israël, c’est sur papier uniquement. » C’est ce qu’a écrit en gros le journal israélien Haaretz en première ligne d’une analyse politique sous la plume de l’auteur israélien, Amos Harel.

L’auteur tente de commenter la situation d’après le retrait des troupes américaines du nord de la Syrie et ses conséquences sur l’avenir des relations Washington/Tel-Aviv.  

L’analyste commence par une relecture des relations américano-israéliennes après la présence de Donald Trump à la Maison-Blanche, considérant l’approche récente de l’administration américaine en Asie de l’Ouest comme une catastrophe amère pour Israël en pleine crise politique dans les territoires occupés.

Faisant référence aux récents développements dans le nord et l’est de la Syrie et les décrivant comme constitutifs d’une grave crise stratégique, l’article écrit :

« Depuis la présidence de Trump en novembre 2008, Netanyahu a cherché à brosser un tableau de son amitié intime et même personnelle avec lui. Les relations étroites entre Netanyahu et Trump avaient ainsi apaisé les inquiétudes concernant l’époque de la présidence Obama. En effet, Tel-Aviv s’était assuré que Washington ne franchisse pas un jour le pas dans le sens inverse aux intérêts israéliens.

Selon l’auteur israélien, “les ambitions de Netanyahu qui ont été communiquées régulièrement aux Américains dans ses conversations avec le président et lors de réunions entre l’ambassadeur d’Israël à Washington et l’équipe de Trump, étaient loin de la raison. Netanyahu a cherché à persuader Trump de se retirer de l’accord nucléaire avec l’Iran, signé par Obama en 2015, et à exercer une pression maximale sur Téhéran. Et de se fournir ainsi un parapluie diplomatique et stratégique entre les États arabes du golfe Persique. Et il est finalement arrivé à son but en mai 2018. Et cette époque était en quelque sorte la lune de miel entre les États-Unis et Israël.”

“Le transfert de l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv dans la ville sainte de Qods et le silence de la communauté internationale sur le massacre de 60 Palestiniens survenu en l’espace de 24 heures le long des frontières palestiniennes, le jour même où l’ambassade américaine déménageait, tout cela démontrait le point culminant d’une relation étroite entre Washington et Tel-Aviv”, écrit le journal israélien. Netanyahu, semblait-il à l’époque, avait passé avec succès tous les tests. Ses admirateurs l’ont loué en tant que magicien stratégique qui, avec ses relations et ses compétences, a réussi à persuader Trump et le président russe Vladimir Poutine de travailler pour le bénéfice d’Israël. », selon le journal qui poursuit ainsi :

« Mais maintenant, après un an et cinq mois, tout a l’air différent. Alors que l’insistance de Trump pour jouer un rôle dans la résolution du conflit israélo-palestinien a permis à Netanyahu de tirer pleinement parti de ces conditions, le plan “Deal du siècle” n’a pas été encore publié depuis sa formulation après presque 2 ans et demi et aucune date n’a été précisée pour sa publication. »

Amos Harel fait allusion au revirement soudain des États-Unis envers les questions de la région et signale :   

« L’inertie des États-Unis contre l’influence régionale de l’Iran, l’appel lancé par Washington à la reprise des négociations sur le nucléaire iranien, le refus explicite de Trump de s’engager dans une guerre avec l’Iran, le message de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis sur la nécessité de réduire les tensions et la priorité des discussions avec Téhéran et enfin la décision de Trump d’abandonner les Kurdes dans les opérations militaires de la Turquie dans le nord et l’est de la Syrie indiquent tous un changement de cap de Washington. »

L’article fait valoir par ailleurs l’inquiétude majeure d’Israël sur le nouveau et vaste déploiement des militaires russes en Syrie :

« La préoccupation d’Israël concernant l’ouverture de l’arène à la Russie en Syrie a été une préoccupation majeure pour les dirigeants israéliens ces derniers jours. »

Pour conclure, Haaretz fait allusion à la fin de la « lune de miel » Washington/Tel-Aviv : « Et trois semaines et demie après les élections, on n’a encore entendu personne parler d’une conversation téléphonique entre les deux dirigeants (Trump et Netanyahu), ni même d’un message de bonne chance de la part de Trump avant l’audience du Premier ministre (Netanyahu) devant le Procureur général. Peut-être qu’elles sont véridiques les rumeurs selon lesquelles Trump aime voir des vainqueurs à ses côtés et non pas une personne qui, jusqu’à présent, n’a pas été en mesure de former une coalition, même après deux élections en cinq mois. Et cela témoigne de l’absurdité de l’alliance de défense Washington/Israël. »

 
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