Date de publication7 Oct 2019 - 10:00
Code d'article : 439332

Une nouvelle défaite pour les Etats-Unis en Irak

Taghrib (APT)
Après avoir tenté en vain d'obtenir la dissolution des Hachd al-Chaabi, les Américains s'en sont pris tout au long de l'été, aux bases et aux positions de ces dernières par Israël interposé. Or, la contre-attaque des Hachd, le 28 septembre, à Abou Kamal-Qaem laquelle a fait fuir les F-16 américains et israéliens, a pris de court le camp pro-américain. Les manifestations toutes parfaitement légales qui ont éclaté depuis mardi en Irak, mais semblent être largement "manipulées", constituent un troisième acte dans la rude bataille qu'ont engagée les États-Unis pour rester en Irak, et ce, malgré les ressentiments croissants de la population.
Une nouvelle défaite pour les Etats-Unis en Irak
Le Parlement irakien, que certaines fractions viennent de boycotter en signe, disent-ils de "solidarité" envers les manifestants, travaille ardemment à une révision voire une annulation du pacte militaire USA/Irak signé en 2010. Mais comment les Irakiens pourraient-ils pousser les USA vers la porte ? En se faisant restituer une pleine souveraineté dans le ciel et sur le sol.

En effet, juste avant que les troubles n’éclatent à Bagdad et dans les grandes villes irakiennes, certaines sources israéliennes s'étaient inquiétées des informations selon lesquelles l’État irakien aurait l’intention de fortifier une base aérienne non loin de Bagdad dans le strict objectif de contrer les "frappes aériennes et au drone hostiles". Il s’agirait de la base Shaykh Mazhar où l'État irakien entend installer les éléments d'une DCA "souveraine".

Les Américains feront tout pour que ceci n’arrive pas. Or, tôt ou tard, cela risque d’arriver si le Premier ministre Mahdi reste au pouvoir. Les inquiétudes américano-israéliennes vont d’ailleurs crescendo depuis que la Russie dit vouloir livrer des S-400 à l’Irak. Des exercices conjoints aériens entre l’Iran et la Russie à Deir ez-Zor auxquels prennent part en ce moment les Hachd al-Chaabi ne sont pas non plus pour rassurer Washington ou Tel-Aviv.

Ces dernières semaines, les opérations des forces armées irakiennes se sont multipliées dans la province de Diyala et ailleurs en Irak pour enrayer une résurgence de Daech. Vu le succès avec lequel opèrent les forces irakiennes sous le commandement du Premier ministre, il est parfaitement normal que les États-Unis cherchent à y porter atteinte. Un Irak dont le ciel échapperait au contrôle américain et dont le sol ne serait plus sûr pour les troupes américaines, et bien les Américains n'en voudraient pas. Reste à savoir s'ils sauront, au stade où en sont les choses, changer quoi que ce soit à cette dynamique de retour à la pleine souveraineté qui s'est déclenchée en Irak.

André Chamy, juriste international et Leila Mazboudi, rédactrice en chef à la chaîne de télévision Al-Manar, s'expriment sur le sujet.
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