Date de publication30 Sep 2019 - 16:07
Code d'article : 438791

L'Iran pose des conditions avant tout pourparler avec les Américains

Taghrib (APT)
Dans son édition de ce lundi 30 septembre, The New Yorker revient sur le séjour du président iranien à New York où il a prononcé un discours devant l'Assemblée générale de l'ONU. Selon le magazine, le président français, Emmanuel Macron a tout fait pour qu'il y ait une rencontre Trump-Rohani. « Macron avait dans sa poche un plan en quatre points et ambitionnait d'être le premier président au monde à avoir dégelé les liens Iran/USA après 40. Surtout que Trump ne cesse de manifester son intérêt pour rencontrer son homologue iranien....mais c'était un combat perdu d'avance. Quatre jours avant l’arrivée de Rohani à New York, les USA ont sanctionné la banque centrale iranienne. Mardi dernier, alors que Rohani était rentré au même hôtel où séjournait Macron, Trump a appelé ce dernier. Le président français a tenté de passer l'appareil à Rohani, mais ce dernier n'est pas sorti de sa chambre ».
L
Le chef de la diplomatie iranienne a posé des conditions pour un retour des USA à la table des négociations.

Pourquoi avoir refusé à répondre à Trump?

" Les USA veulent faire de l'Iran un Tigre de papier or, ce dernier refuse catégoriquement ", dit un analyste Interrogé par une chaîne américaine.

Le ministre iranien des Affaires étrangères donne davantage d'éclaircissements sur ce refus : “L’Iran ne demande ni la charité ni une quelconque aide aux États-Unis et nous ne voulons même pas qu’ils négocient avec nous ou qu’ils achètent notre pétrole. Nous voulons seulement que les États-Unis se comportent de manière normale”, c’est ce qu’a réaffirmé ce dimanche le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, au micro de la chaîne d’information américaine, NBC News qui l'interviewait sur le pourquoi du refus “obstiné de Rohani de rencontrer Trump” : “Au fait, le président des États-Unis est plus intéressé par la visite [et les solennités] que par le fonds de l’affaire, alors que pour nous, c’est le fond qui compte. C’est peut-être pour cette raison qu’on s’est presque croisé, avec les Américains sans qu’un dialogue soit noué”.

Le président français Emmanuel Macron appelle de nombreux pays à engager des pourparlers pour le maintien de l’accord sur le nucléaire iranien.

Zarif s'est référé ensuite au cas de la Corée du Nord, un dossier que certains tendent à comparer avec le dossier du nucléaire iranien : “Et bien après de multiples rencontres Kim-Trump, les sanctions américaines contre Pyongyang sont en vigueur et les Américains n'ont rien perdu de leurs exigences américaines envers la Corée du Nord. Le cas iranien est encore pire parce que la Corée du Nord n'a pas, à ma connaissance, conclu avec les États-Unis un accord en 159 pages et qui fasse en plus l'objet d'une résolution du Conseil de sécurité.”

“En faisant une fois confiance aux Américains, nous en avons subi les contrecoups. La monnaie iranienne a perdu 30% de sa valeur, mais elle a tenu bon puisque nous en sommes à une période de stabilisation. L'Iran ne veut plus avoir à vivre une telle expérience”, a affirmé Zarif avant de formuler ce que l'Iran attend des États-Unis: “Nous attendons que cette administration [américaine] ou la prochaine revienne à la raison. L'Iran est prêt à négocier avec les États-Unis, mais pas sur un nouvel accord, car Washington devrait d'abord respecter les documents signés. La situation est déjà suffisamment compliquée et les négociations pourraient durer plus de deux ans ».

Mais qu'exige l'Iran aux Américains?

"Nous ne demandons ni charité ni soutien aux États-Unis et nous ne voulons même pas qu’ils négocient avec nous ou qu’ils achètent notre pétrole. Nous voulons simplement laisser les autres faire ce qu'ils veulent, sans même utiliser le dollar. Ils peuvent faire des échanges commerciaux avec l’Iran, ce qui est conforme à la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Les États-Unis punissent d'autres pays pour avoir appliqué le droit international. C'est tout ce à quoi nous voudrions qu’ils mettent un terme".
votre nom
Votre adresse email