Date de publication14 Jul 2019 - 10:16
Code d'article : 429492

Le Royaume-Uni commence un jeu dangereux

Taghrib (APT)
Un journal britannique estime qu’en emboîtant le pas aux États-Unis comme lors de la guerre en Afghanistan et en Irak, le Royaume-Uni entre dans un jeu dangereux avec l’Iran.
Le Royaume-Uni commence un jeu dangereux

Le Royaume-Uni enverra la semaine prochaine un deuxième navire de guerre dans le golfe Persique pour rejoindre celui déjà présent dans cette région, a écrit The Independent.

« Et ce, alors que, le Royaume-Uni est sur le point de s’engager dans un conflit dans lequel il ne peut déployer qu’un nombre limité de forces et pourrait être la cible de représailles de l’Iran en cas de provocation américaine », a poursuivi The Independent.

Les forces de la marine britannique ont saisi illégitimement la semaine dernière un pétrolier battant le pavillon panaméen dans le détroit de Gibraltar, sous prétexte qu’il transportait du pétrole iranien à destination de la Syrie ; ce que les responsables iraniens ont démenti.

« En un sens, cela est peut-être déjà arrivé, si les États-Unis étaient vraiment derrière les commandos de la marine royale qui ont arraisonné le pétrolier iranien qui se dirigerait pour la Syrie au large de Gibraltar. Il est difficile de prendre au sérieux la prétention britannique selon laquelle ils auraient commis cet acte de provocation uniquement à la demande des autorités de Gibraltar et à la suite de la violation des sanctions qu’a imposées l’UE à la Syrie », a ajouté ce journal.

Les Iraniens demandent aux Britanniques de libérer ce pétrolier en les avertissant de ne pas s’impliquer dans ce jeu dangereux.  

« Mais, Londres est déjà impliqué dans ce jeu dangereux. Il est possible que les Iraniens trouvent moins risqué d’agir contre le Royaume-Uni, qu’ils dénoncent en tant que mandataire américain, plutôt que directement contre les États-Unis », a prétendu ce quotidien britannique.

« Comme en Irak après 2003 et en Afghanistan après 2006, le Royaume-Uni s’est engagé dans un conflit dans lequel il n’est qu’un acteur mineur mais doit faire face aux mêmes dangers que les États-Unis.

Certains commentateurs cherchent à se rassurer en rappelant qu’une coalition de puissances maritimes occidentales protégeait les pétroliers koweïtiens pendant la guerre des pétroliers dans la guerre Iran-Irak dans les années 1980.

À ce moment-là, c’était l’Iran qui était isolé, alors qu’aujourd’hui, ce sont les États-Unis et le Royaume-Uni qui manquent d’alliés fiables qui ne feront que se réjouir tout en restant loin des combats, comme le feront probablement Israël et l’Arabie saoudite.

Déjà, les Émirats arabes unis ont renoncé à une confrontation avec l’Iran, affirmant qu’il est difficile de savoir si l’Iran a placé de petites mines sur des pétroliers au large des côtes des EAU en juin, et ont réduit leurs forces militaires au Yémen.

L’Union européenne et d’autres États doutent que le président Trump — le grand perturbateur — puisse assurer la cohésion de la coalition et s’inquiète de la direction vers laquelle il pourrait les mener dans le golfe Persique.

Du point de vue britannique, la crise dans le Golfe persique ressemble à la participation britannique à l’invasion américaine de l’Irak en 2003.

Londres devient une cible sans savoir vers où les États-Unis le traînent et à quel point Trump et son administration se sont préparés à une guerre limitée ou à grande échelle contre l’Iran.

Le départ forcé des États-Unis de l’ancien ambassadeur britannique à Washington, Sir Kim Darroch, montre à quel point l’influence britannique est limitée au sein de la Maison-Blanche.

Du point de vue de l’Iran, une crise lente, juste en dessous du niveau de la guerre réelle, est peut-être la moins mauvaise option. C’est un progrès par rapport au fait d’attendre que l’Iran soit peu à peu étranglé par des sanctions économiques, méthode privilégiée par Trump pour faire pression sur ses ennemis et ses amis.

Le Royaume-Uni dit vouloir désamorcer la crise, mais, du point de vue de l’Iran, l’envoi d’un deuxième navire prouve le contraire. Il y a aussi la question de savoir ce qu’il doit faire avec le pétrolier iranien qu’il a déjà arraisonné ? »
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