Date de publication10 Jul 2019 - 19:21
Code d'article : 429065

Je ne suis pas le médiateur des États-Unis

Taghrib (APT)
Le haut conseiller diplomatique du président français, Emmanuel Bonne, en visite à Téhéran depuis mardi, s’est entretenu mercredi à midi avec le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranienne, l’amiral Ali Chamkhani, du mécanisme de l’application des engagements européens dans le cadre du PGAC et des questions d’intérêt régional et bilatéral.
Je ne suis pas le médiateur des États-Unis
Au cours de cette rencontre, l’amiral Ali Chamkhani a critiqué les signataires européens du Plan global d’action conjoint (Royaume-Uni, France et Allemagne) pour leur manque de volonté et d’initiative pour contrer les politiques contre-productives des États-Unis.

« Depuis un an, l’Europe n’a pas saisi le temps que Téhéran a donné aux autres signataires du PGAC pour trouver des mécanismes appropriés, tandis que nous avons été la seule partie à respecter l’accord nucléaire. Maintenant, nous avons décidé d’appliquer nos engagements au même niveau que les autres signataires, car il n’est plus acceptable que Téhéran soit le seul à appliquer le PGAC », a-t-il affirmé.

Le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranienne a ajouté que Téhéran adoptait cette nouvelle position conformément aux articles 26 et 36 de l'accord jusqu’à ce que les autres signataires s'en tiennent à leurs propres obligations.

« Les États-Unis ont pris en otage l’indépendance de l’Europe, et nous attendons que les pays de l’Union européenne agissent pour défendre leur identité et leur autonomie face à l’unilatéralisme américain », a déclaré l’amiral Ali Chamkhani.

De son côté, le conseiller diplomatique du président français, Emmanuel Bonne, a souligné qu’il n’était pas venu à Téhéran à titre de médiateur et n’était porteur d’aucun message de la part de Washington.

Il a indiqué que le président Macron essayait de trouver un mécanisme basé sur des initiatives communes, pour suspendre la guerre économique des États-Unis contre l’Iran. « Étant donné le rôle et l’influence régionale de l’Iran, Paris veut poursuivre ses contacts avec Téhéran pour mieux gérer les crises en Syrie, au Yémen, en Irak ou au Liban », a-t-il ajouté.

Les deux parties iranienne et française n’ont pas annoncé publiquement les détails de leurs discussions lors de la visite d’Emmanuel Bonne à Téhéran où les analystes estiment que la proposition de Paris consisterait à un mécanisme de « gel contre gel ».

Dans ce sens, Paris demande à Téhéran de geler son nouveau plan de réduction progressive de ses engagements dans le cadre du PGAC. En échange, la France demanderait aux États-Unis de rétablir provisoirement une partie des dérogations relative à la vente du pétrole iranien.

Le président Emmanuel Macron souhaite que ce mécanisme prépare le terrain à la reprise des négociations. Cependant, aucune source française n’indique quel serait la nature et le contenu de ces dites « négociations ».

Les observateurs à Téhéran estiment qu’il s’agirait probablement de la prochaine réunion de la commission ministérielle des pays signataires du PGAC, à savoir l’Iran et le G4+1 (Royaume-Uni, France, Russie, Chine et Allemagne). Certaines sources disent que les États-Unis souhaiteraient participer à cette réunion.

Par ailleurs, il y a deux jours, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Abbas Moussavi, a déclaré: « Qu’un représentant des États-Unis participe ou non à la réunion de la commission ministérielle des pays signataires du PGAC, les discussions seront consacré aux sujets liés au PGAC, ni plus ni moins. »

Cette prise de position de la part de la diplomatie iranienne indique qu’il y a un grand écart entre l’approche de l’Iran et le plan que Paris souhaiterait proposer à Téhéran et à Washington.
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