Date de publication16 Jun 2019 - 17:04
Code d'article : 425173

Soudan : Omar el-Béchir, comparaîtra la semaine du 17 juin

Taghrib (APT)
C'est un tournant pour le Soudan : l'ancien chef de l'Etat Omar el-Béchir, chassé du pouvoir par d'importantes manifestations, se présentera devant le tribunal la semaine prochaine pour corruption et possession illégale de devises étrangères.
Soudan : Omar el-Béchir, comparaîtra la semaine du 17 juin
L'ex-président du Soudan Omar el-Béchir, poussé au départ par un vaste mouvement de contestation, comparaîtra devant un tribunal durant la semaine du 17 juin, pour répondre d'accusations de corruption et de possession illégale de devises étrangères, a déclaré samedi le Procureur général.

«Omar el-Béchir comparaîtra devant un tribunal la semaine prochaine», a affirmé à des journalistes Al-Walid Sayyed Ahmed, sans indiquer la date précise de l'audience. Omar el-Béchir, qui était au pouvoir depuis près de 30 ans, a été destitué le 11 avril puis arrêté par l'armée qui exerce le pouvoir depuis. Selon le procureur, l'enquête visant l'ancien président est terminée.

De nombreux chefs d’inculpation

Le 13 juin, l'agence de presse officielle soudanaise SUNA avait cité un responsable non identifié indiquant que l'ancien homme fort du Soudan était accusé «de possession de devises étrangères, d'avoir acquis des richesses de façon suspecte et illégale et d'avoir ordonné [l'état] d'urgence». Le Procureur général a quant à lui indiqué que l’ancien président soudanais devrait répondre de «corruption et possession illégale de devises étrangères».


En avril, le chef du Conseil militaire de transition qui exerce actuellement le pouvoir au Soudan avait affirmé que l'équivalent de plus de 113 millions de dollars avaient été saisis en liquide dans la résidence d’Omar el-Béchir à Khartoum. Cette somme était constituée de livres soudanaises, de dollars et d'euros, selon la même source.

Omar el-Béchir était arrivé au pouvoir en 1989 à la suite d'un coup d'Etat. Le Soudan a connu depuis un fort niveau de corruption. Le pays est classé 172e sur 180 dans l'indice 2018 de perception de la corruption de l'ONG Transparency International.

Outre l'inculpation pour corruption, le président déchu fait aussi l'objet de poursuites pour les meurtres de manifestants durant la répression de la contestation, née dans le pays en décembre, après le triplement des prix du pain par le gouvernement. Khartoum avait alors tenté de juguler ce mouvement en imposant l'état d'urgence le 22 février.

Le Procureur général a précisé qu’Omar el-Béchir était aussi interrogé suite à des soupçons de blanchiment d'argent et de «financement du terrorisme». Le Parquet enquête en outre sur 41 chefs d'accusation visant d'anciens «symboles du régime déchu», a dit Al-Walid Sayyed Ahmed sans autre précision. Une grande partie des chefs d'accusation concernent des délits liés à la «possession de terre», a-t-il toutefois indiqué.

 
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