Date de publication12 Mar 2019 - 13:49
Code d'article : 408499

L'Irak donne la priorité à ses relations avec l'Iran

Taghrib (APT)
En Irak, la visite qualifiée d’historique du président Rohani monopolise toutes les intentions. Non pas seulement celles des amis de la Résistance pour qui il s’agit d’un « tournant ultra stratégique » après les victoires consécutives de l’axe de la Résistance ces dernières années, mais aussi celles des ennemis de la Résistance qui sentent un danger « existentiel » s’approcher à grands pas.
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En effet les accords bancaires, énergétiques, ferroviaires signés depuis lundi entre le président iranien et le Premier ministre irakien réduisent sensiblement la portée des sanctions américaines contre l’Iran. Avec le processus de dé-dollarisation, dont l’Iran a été l’initiateur, il y a là un premier pas dans le sens de la mise en place d’un nouveau mécanisme qui permettrait l’effondrement du régime illégal de chantage US ou sanction extraterritoriale. Avis donc à toutes les parties qui se sentent lésées dans cette affaire...

En visite, depuis lundi 11 mars, en Irak, le président iranien a signé avec son homologue irakien cinq notes de coopérations bilatérales dans divers domaines, dont l’économie, la sécurité et l’énergie.

Les documents ont été signés lundi 11 mars à Bagdad par de hauts responsables des deux pays en présence du président iranien Hassan Rohani et du Premier ministre irakien Adel Abdel Mahdi.

Les deux parties se sont mises d’accord sur la construction d’une liaison ferroviaire entre la ville iranienne de Shalamcheh et la ville irakienne de Bassora, ainsi que sur la facilitation de l’obtention de visas pour les investisseurs et les hommes d’affaires des deux pays. Selon l’accord sur les visas, mis en vigueur début avril 2019, les deux pays délivreront gratuitement des visas aux ressortissants de leurs pays respectifs.

Le président Rohani a rencontré son homologue irakien Barham Saleh peu de temps après son arrivée lundi pour des discussions importantes que le président iranien a d’ailleurs qualifiées de « très bonnes ».

« Le renforcement des liens entre Téhéran et Bagdad fonctionne dans l’intérêt des deux pays et nous progresserons dans cette voie positive plus rapidement », a déclaré Rohani lors d’une conférence de presse commune.

Afin de discuter de plusieurs points cruciaux dont la sécurité, le président iranien s'est rendu en Irak.

M. Saleh a qualifié le voyage de « très important » et a déclaré que les deux pays s’étaient mis d’accord sur de nouveaux cadres de coopération.

« Nous devons surmonter des détails insignifiants dans nos relations mutuelles et réfléchir à une vision plus large pour la coopération et les liens, car cela servirait au mieux les intérêts des deux pays », a-t-il dit.

Entre autres, Téhéran et Bagdad ont signé un autre mémorandum d’accord pour renforcer la coopération entre le ministère iranien de l’Industrie, des Mines et du Commerce et le ministère irakien du Commerce.

Les deux pays ont également convenu de coopérer dans tous les domaines liés aux soins de santé, et un autre accord a été signé entre le ministère iranien du Pétrole et son homologue irakien.

Une ferme volonté commune pour faire face aux USA

Les voyages diplomatiques entre les deux pays ont récemment augmenté, ce qui témoigne de la ferme volonté des deux pays d’élargir les liens existants. Le voyage de Rohani intervient quelques mois après la visite de Saleh à Téhéran en novembre.

M. Rohani a déclaré aux journalistes lundi matin que le voyage visait à renforcer la coopération en matière de sécurité tout en mettant l’accent sur le commerce, les routes et l’environnement.

L’Iran est actuellement le premier partenaire commercial de l’Irak, avec un chiffre d’affaires annuel d’environ 13 milliards de dollars qu’ils espèrent l’augmenter à 20 milliards de dollars.

Le tourisme religieux est aussi très important, il génère au moins 5 milliards de dollars par an avec 5 millions de touristes dans les deux pays.

Les denrées alimentaires, le bétail, les matériaux de construction et les produits en plastique constituent la majeure partie des exportations iraniennes en Irak.

À titre de comparaison, le commerce annuel entre l’Arabie saoudite et l’Irak est inférieur à 6 milliards de dollars.

Lors d’une conférence de presse dans la capitale irakienne dimanche, le président irakien Barham Saleh a déclaré que son pays ne ferait pas partie du régime de sanctions unilatérales imposées par les États-Unis à l’Iran et qu’il ferait de son mieux pour réduire les dommages causés à la nation iranienne en raison de ces sanctions.

Le nouveau Premier ministre irakien, Adel Abdul-Mahdi, a déclaré que Bagdad donnerait la priorité à ses propres intérêts et à son indépendance.

Réponse à la visite en catimini de Trump

Le voyage du président iranien a été considéré par les experts comme la réponse de l’Iran au voyage en catimini du président américain Donald Trump en Irak en décembre.

L’ex-ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt a posté, lundi, sur son compte Twitter : « Trump n’a visité, en Irak, que les militaires US et cela dans une base lointaine, sans avoir une quelconque rencontre avec des responsables irakiens, alors que le président iranien s’est rendu en Irak pour une visite officielle de trois jours. »

Il est vrai que le président Rohani a atterri à Bagdad en plein jour et a été reçu par de hautes autorités, au contraire de Trump, qui a atterri dans une base militaire dans l’obscurité de la nuit.

En tout état de cause « les relations entre l’Iran et l’Irak ne ressemblent en rien aux relations entre Bagdad et les troupes d’occupation américaines », comme l’a souligné le président iranien, devant la presse à Téhéran avant son départ pour l’Irak.

L’Iran et l’Irak entretiennent des relations « stratégiques » qui ne peuvent être affaiblies par aucun pays, a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad-Javad Zarif dimanche à Bagdad, soulignant que les jeunes des deux pays se sont battus côte à côte contre Daech.

« Nous considérons ce voyage comme un nouveau départ dans nos relations avec l’Irak », a déclaré M. Zarif, décrivant l’Iran et l’Irak comme le cœur battant de la région. « Sans l’Iran et l’Irak, la région ne sera ni sûre ni stable », a-t-il ajouté.

 
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