Date de publication12 Mar 2019 - 9:02
Code d'article : 408297

La visite du président iranien en Irak est une réponse aux Etats-Unis

Taghrib (APT)
La visite du président iranien en Irak dans le contexte actuel du Moyen-Orient bénéficie d’une grande importance et envoie un message aux États-Unis et à d’autres pays de la région.
La visite du président iranien en Irak est une réponse aux Etats-Unis

Irak : visite officielle de Rohani, un message à l’adresse des États-Unis




Le président iranien Hassan Rohani est à Bagdad pour un voyage visant à renforcer les liens stratégiques malgré les efforts américains pour maintenir les deux voisins séparés et pour limiter l'influence de l'Iran dans la région.

Il a rencontré son homologue irakien Barham Saleh peu de temps après son arrivée ce lundi 11 mars pour des discussions importantes que le président iranien a qualifiées de "très bonnes".

Selon le quotidien qatari Al-Araby Al-Jadeed publié à Londres, cette visite pourrait être l’occasion d’ouvrir de nouveaux consulats iraniens dans certaines provinces irakiennes.

Une source proche du bureau du Premier ministre irakien a fait savoir que plusieurs accords de coopérations dans les domaines économique, politique et frontalier allaient être signés au cours de la visite du président iranien.

Le voyage, qualifié d’"historique" par le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a été considéré par les experts comme la réponse de l'Iran au voyage clandestin du président américain Donald Trump en Irak en décembre dernier.

Afin de discuter de plusieurs points cruciaux dont la sécurité, le président iranien s'est rendu en Irak.

Trump s'est rendu en Irak à l’occasion du Nouvel An et a passé la plus grande partie de sa brève visite à expliquer comment il voulait garder les troupes américaines dans ce pays arabe afin de "surveiller" l'Iran avec lequel l'Irak partage une frontière longue de 1 400 kilomètres.

La visite non annoncée a suscité des critiques d’officiels irakiens et de dirigeants régionaux dont le président Rohani qui a déclaré que la visite secrète contrevenait à la souveraineté irakienne.

Contrairement à Trump dont l'avion a dû se poser dans une base militaire dans l'obscurité de la nuit sans aucun responsable irakien pour l'accueillir, Rohani a atterri à Bagdad en plein jour et a été reçu par de hautes autorités du pays.

En réaction à la visite secrète de Trump, Rohani a affirmé que s'envoler en Irak sous le couvert de l'obscurité signifiait "une défaite" pour les États-Unis dans ce pays qu’ils disaient vouloir sauver.

Donald Trump a reconnu avoir eu des inquiétudes sur la sécurité de sa visite nocturne dans une base des militaires des États-Unis en Irak.

Avant son départ, le président iranien a déclaré aux journalistes à Téhéran que les relations entre l'Iran et l'Irak ne ressemblaient en rien aux relations entre Bagdad et les forces "occupantes" américaines.

«Les États-Unis sont méprisés dans la région. Les bombes qu'ils ont larguées sur les peuples irakien, syrien et autres ne sont pas oubliées et dans le même temps, on se souviendra toujours de la fraternité iranienne envers les pays de la région », a-t-il déclaré.

Ce voyage intervient peu de temps après la défaite du groupe terroriste Daech en Syrie et en Irak, une réussite impossible à atteindre sans le rôle crucial joué par l’Iran dans la fourniture d’une assistance consultative aux deux gouvernements.

L'Iran et l'Irak entretiennent des relations "stratégiques" qui ne peuvent être affaiblies par aucun pays tiers, a déclaré Zarif ce dimanche à Bagdad, soulignant que les jeunes des deux pays se sont battus côte à côte contre Daech.

« Nous considérons ce voyage comme un nouveau départ dans nos relations avec l'Irak », a déclaré M. Zarif, décrivant l'Iran et l'Irak comme le cœur battant de la région. « Sans l'Iran et l'Irak, la région ne sera ni sûre ni stable », a-t-il ajouté.

Rohani a déclaré la semaine dernière que sans le soutien de l’Iran, « Bagdad et la région du Kurdistan seraient définitivement tombés et que Daech aurait dominé la région ».

De nombreux observateurs ont décrit le voyage de Rohani comme une étape importante dans les relations entre l'Iran et l'Irak et comme la marque de la défaite humiliante de la campagne menée par les États-Unis dans la région.

Ce que les principaux partisans de la campagne ont apparemment oublié de prendre en compte dans leurs relations, c’est le lien inébranlable que la nation iranienne a développé avec ses voisins, avec lesquels elle partage des milliers d’années d’histoire.

«Laissez-moi vous dire que l'Irak ne fera pas partie du régime des sanctions unilatérales des États-Unis contre l'Iran. Il ne fait aucun doute que ces sanctions nous toucheront mais il est certain que nous n'en ferons pas partie », a déclaré le président Saleh.

 
«L’Irak insiste sur le fait que les intérêts de notre pays ami et voisin doivent être respectés. Nous ferons de notre mieux pour réduire les tensions à cet égard et les dégâts causés à la nation iranienne », a ajouté Saleh.

La visite de trois jours du président Rohani à compter de lundi comprend aussi une rencontre avec le Premier ministre Adel Abdul-Mahdi.

Le président iranien doit également rencontrer le président du Parlement, Mohammed al-Halbusi ainsi qu’un certain nombre de législateurs renommés.

Il fera également des escales dans les lieux saints chiites et il rencontrera le grand dignitaire chiite irakien, l’Ayatollah Ali al-Sistani, éminente source d'imitation religieuse en Irak.

Les voyages diplomatiques entre les deux pays ont récemment accru ; ce qui témoigne de la ferme volonté d'élargir les liens existants. Le voyage de Rohani intervient quelques mois après la visite de Saleh à Téhéran en novembre.

M. Rohani a déclaré aux journalistes lundi matin que ce voyage visait à renforcer la coopération en matière de sécurité tout en mettant l'accent sur le commerce, les routes et l'environnement.

L’Iran est actuellement le premier partenaire commercial de l’Irak, avec un chiffre d’affaires annuel d’environ 13 milliards de dollars que les responsables des deux pays espèrent augmenter à 20 milliards de dollars.

 
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