Les forces israéliennes ne pourront contrer le Hezbollah

Taghrib (APT)
Alors même qu'Israël dit vouloir attaquer le Liban pour y détruire de supposés usines de fabrication de missiles iraniens, le nouveau rapport de l’Institut juif pour les affaires de la soi-disant sécurité nationale (JINSA) met en garde Tel-Aviv contre tout nouvel aventurisme. Car selon l'institut, les capacités défensives du Hezbollah sont beaucoup plus larges et renforcées que par le passé et que le Hezbollah constitue désormais une "menace très sérieuse pour Israël". Cela veut dire au clair que si Netanyahu s'engage dans une nouvelle aventure contre le Liban, Israël aura à faire face non seulement à un arsenal balistique mais aussi à une force armée hezbollahie, aguerrie au terme de 7 ans de guerre en Syrie.
date de publication : Sunday 11 November 2018 13:44
Code d'article: 376229
 
Les forces israéliennes ne pourront contrer le Hezbollah
Le samedi 10 novembre, le secrétaire général du Hezbollah s'est exprimé sur les récentes menaces israéliennes : « Je dis aux Israéliens que nous riposterons indubitablement à toute agression ou frappe aérienne contre le Liban. Il est hors de question que le Liban redevienne l’arène des agressions israéliennes comme dans le passé. » 

Dans son rapport, l'institut juif ajoute : « Le nombre de missiles et d’obus du Hezbollah libanais est plus élevé que celui accumulé par les membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). Une nouvelle confrontation entre Israël et le Hezbollah libanais ne ressemblerait en rien à ce qu'a déjà connu Israël. Les changements intervenus au cours des douze dernières années depuis la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah au Liban entraîneraient (en cas de guerre) la mort et la dévastation. En prenant en considération le renforcement considérable de ses capacités, on peut en conclure que son objectif au Hezbollah libanais est de faire échouer la politique israélienne. »

Le rapport évoque à cet égard les expériences de guerre acquises en Syrie par les combattants de la Résistance, le soutien qui leur serait apporté par l’Iran ainsi que leur grand arsenal de guerre dont dispose le Hezbollah.

Il y a quelques temps, le magazine Atlantic s'est penché aussi sur les capacités balistiques du Hezbollah, écrivant que la Résistance libanaise s’était dotée, ces dernières années, de missiles ayant une précision de "ciblage" supérieure à celle des missiles de l’année 2006 et qu’ils étaient désormais capables de faire dysfonctionner le Dôme de Fer. 

Le JINSA a précisé que la puissance de feu du Hezbollah était de 95% plus élevée que celle des armées "conventionnelles" du monde entier.

Toujours selon ce rapport du JINSA, le Hezbollah dispose de 120 000 à 140 000 missiles et roquettes alors qu'il en avait au plus 20 000 en 2006.

En plus des missiles à courte portée, le Hezbollah détiendrait aussi des milliers de roquettes à courte portée et des centaines de missiles à longue portée et avec une grande précision. De sorte que ces derniers seraient capables d’atteindre toute cible se trouvant sur les territoires occupés.

"Le nombre des combattants du Hezbollah est passé de 13 000 en 2006 à 25 000 effectifs opérationnels. Il y aurait aussi entre 20 000 et 30 000 réservistes, prétend le rapport. "Les Israéliens sont confrontés à un défi qui n'existe nulle part ailleurs dans le monde", a affirmé Michel S. Taker, un général américain à la retraite. La panique s'est emparé du camp sioniste depuis l'annonce par le secrétaire général du Hezbollah il y a un mois de l'acquisition par son mouvement des missiles de haute précision: Israël menace de frapper le Liban sous de ridicules prétextes comme celui des usines de fabrication de missiles enfouies quelque part dans l'aéroport libanais ou dans des villages au sud du Liban.

DEBKAfile, site proche du renseignement de l'armée israélienne, s'alarme de " nouveaux composantes  " qui "permettraient aux missiles du Hezbollah de frapper dans un rayon de 10 mètres par rapport à la cible visée", "ce qui permettrait à ses missiles de devenir des armes de haute précision". Les experts indépendants, eux, ne confirment évidemment pas ces informations et y voient surtout un alibi qui justifierait des frappes contre le Liban. Mais Israël est-il en mesure de frapper le pays du Cèdre? Le régime de Tel-Aviv, estiment les experts, devra aussi tenir compte des éléments évoqués dans le dernier discours de Nasrallah qui date du 10 novembre 2018 : « Nous devons nous incliner avec respect devant les habitants du Golan occupé syrien qui rejettent catégoriquement la transformation du plateau du Golan en une région israélienne. L’ennemi israélien a reconnu, lui-même, que les habitants du Golan ont fait capoter les élections locales et municipales. ». Il y a là une mise en garde à l'adresse d'Israël : la prochaine guerre pourrait ne pas réserver que des surprises balistiques à Israël. 
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