An-Tanf : La Turquie continue de jouer son rôle déstabilisateur en Syrie

Taghrib (APT)
Les États-Unis ont occupé de facto une région de 55 km carrés au sud de la province syrienne de Homs, frontalière avec l’Irak, instaurant une zone tampon autour de leur base militaire d’al-Tanf.
date de publication : Wednesday 17 October 2018 14:59
Code d'article: 369414
 
An-Tanf : La Turquie continue de jouer son rôle déstabilisateur en Syrie
Cette base permet aux dernières poches terroristes de Daech de se réorganiser pour combattre les forces de l’armée syrienne et ses alliés.

Alors que les responsables américains parlent de temps en temps du retrait imminent des militaires américains de Syrie, les différentes sources d’information ont fait état du recrutement par Washington de nouveaux combattants pour renforcer la base d’al-Tanf dans le sud de Homs, près de la frontière irakienne. La Maison-Blanche aurait l’intention d’utiliser cette base comme un levier de pression dans le futur règlement de la crise syrienne.

Les États-Unis avaient récemment annoncé un accord avec la Russie sur le retrait prochain de leurs forces d’al-Tanf. Mais cet accord n’est pas encore appliqué. Les analystes sont d’avis que la désignation de la Turquie comme médiateur et garant de la mise en œuvre de l’accord est à l’origine du retard de son application. Apparemment, Ankara devait assurer le transfert de tous les groupes armés de la région d’al-Tanf et du camp de réfugiés de Rukban vers le nord de la Syrie pour préparer le retour des civils de cette région dans leurs villages.

Mais selon une source bien informée sur le terrain, la Turquie s’est fermement opposée au transfert des groupes terroristes stationnés à al-Tanf et soutenus par les États-Unis, notamment al-Qaryatayn, Maqawir al-Thawra et Ahmad al-Abdou, vers Jerablus, Afrin et d’autres régions du Nord syrien.
 
La source ajoute cependant qu’il est probable qu’Ankara et Washington aient conclu un accord secret pour retarder l’application de l’accord russo-américain. Ainsi, les forces américaines qui ont conditionné leur retrait à l’évacuation des « groupes armés » ne se retireront pas de la base d’al-Tanf.

Cela intervient alors que le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Verchinine, a déclaré début octobre que les États-Unis devaient se retirer de la région d’al-Tanf. Il a ajouté que le camp de Rukban devait également être fermé.
« Ce camp est situé dans la région d’al-Tanf, qui est contrôlée illégalement par les Américains. Les Américains doivent quitter cette région. Tant qu’ils se trouvent sur place, ce camp sera sous leur protection. Et toute la région est assez vaste. Malheureusement, selon certaines informations, ce territoire est notamment utilisé par les terroristes de Daech, qui s’y réorganisent et s’y reposent », a-t-il déclaré.
Share/Save/Bookmark