Le discours de Netanyahu est un prélude à l'agression contre l'Irak (al-Binaa)

Taghrib (APT)
date de publication : Wednesday 10 October 2018 14:13
Code d'article: 367037
 
 
Des soldats de l'armée israélienne à la frontière du Golan. (Archives)
 
Dans son éditorial du mardi 9 octobre, le journal libanais al-Binaa a écrit que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui se voit incapable de faire face au Hezbollah sur la côte nord d’Israël (Galilée, ndlr), tente de déclencher une guerre d’usure psychologique pour préparer ainsi une intervention militaire contre l’Irak.
Naser Qandil, rédacteur en chef du journal al-Binaa a souligné que la faiblesse d’Israël face au renforcement du pouvoir militaire de l’axe de la Résistance ainsi que son impuissance à contrer le Hezbollah libanais conduirait le régime de Tel-Aviv vers une agression contre l’Irak.
Cela fait plus d’un mois que le régime israélien a rajouté l’Irak à la liste avec l’Iran, la Syrie, et le Liban, où il a menacé de viser les bases d’armements de la Résistance. Naser Qandil ajoute que Benjamin Netanyahu a une autre fois menacé l’Irak, à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, tout en disant qu’il (Irak) se trouvait sur la liste des cibles à bombarder d’Israël. Ce n’est pas un hasard si cette menace coïncide avec la décision de la Russie de déployer le système de missiles S-300 en Syrie.
Ce n’est pas non plus un hasard si la menace d’Israël a coïncidé avec l’annonce du secrétaire général du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, de l’accès de la Résistance aux missiles de haute précision. Les images des « sites de missiles secrets du Hezbollah » à proximité de l’aéroport de Beyrouth que Netanyahu a exposée à l’Assemblée générale de l’ONU, ressemblaient plutôt à une « farce ». D’autant plus que les ambassadeurs étrangers au Liban se sont rendus sur ces sites, confirmant qu’il s’agissait des « sites civils et non militaires ». Selon le rédacteur en chef d’al-Binaa, les dirigeants israéliens sont arrivés à cette conclusion qu’après la livraison par la Russie de systèmes de missiles S-300 à l’armée syrienne qui a bouleversé les rapports de force, comme le disent les commandants militaires russes, l’aviation israélienne aura besoin de quelques mois ou au moins quelques semaines pour se réparer.  
Tout comme Netanyahu tente de suggérer, cette remise en état de l’armée de l’air israélienne se réalisera soit par une amélioration de ses relations avec la Russie et la création de nouvelles règles du conflit, hypothèse qui semble peu probable, soit l’aviation israélienne se servira des avions ultramodernes américains dont F-35, capables de faire face aux missiles S-300. Il est à noter que les Américains ont dit qu’il fallait des ajustements pour que ces avions soient prêts et que l'armée israélienne aura besoin de plusieurs mois pour pouvoir tester le degré d'efficacité de ces avions.
Les autorités de Tel-Aviv sont unanimes sur le fait que les équations de dissuasion régissant le front nord d’Israël avec le Liban (la frontière israélo-libanaise, ndlr) et que les capacités accrues de la Résistance et les S-300 mis à la disposition de l’armée syrienne, feront de sorte que la moindre opération tactique d’Israël se verra confrontée à une riposte cinglante de la Résistance. Le rédacteur en chef d’al-Binaa affirme par ailleurs que les responsables de Tel-Aviv sont d’avis que le maintien de l’armée israélienne dans un état de silence militaire au moins pour les mois à venir sera un échec dans une guerre qui ne s’est pas passée, ce qui portera atteinte à l’image de « dissuasion » qu’Israël prétend posséder.   
« Le silence de l’armée occupante dans la conjoncture actuelle contribuera au renforcement sans arrêt des forces de la Résistance et impliquera la mise en place d’une infrastructure plus efficace pour de nouveaux systèmes techniques ; or la reprise de la guerre d’usure psychologique et matérielle contre les combattants de la Résistance constitue à la fois une nécessité psychologique et militaire-logistique pour Israël », affirme al-Binna.
Lors de son dernier discours, Netanyahu a donné une réponse équivoque sur les modalités de confrontation d’Israël avec des combattants du Hezbollah qui sont de plus en plus disposés à la guerre et équipés d’armements spéciaux. Et contrairement au passé, il a refusé de tenir des propos menaçants sur le Golan, se contentant de dire que « l’Iran et le Hezbollah essaient toujours de former une force contre le Golan et la Galilée »  et que « nous ferons capoter ces efforts ».
De concert avec les rapports de certains médias israéliens, le Premier ministre israélien a tenté d’évoquer l’arrivée d’ « armements spéciaux iraniens » en Irak pour leur transfert vers le Liban, pour préparer une agression contre les forces de la Résistance sur le sol irakien.
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