Au Kurdistan d'Irak, relance économique est un grand pas tros difficile

Taghrib (APT)
Avec 15 ans d'ancienneté au sein du ministère de l'Electricité, Saman Qader gagnait près de 500 dollars par mois. Mais quand le Kurdistan d'Irak, au bord de la faillite, a dû faire des coupes, son salaire est tombé à 300 dollars.
date de publication : Saturday 29 September 2018 18:36
Code d'article: 363387
 
Et en même temps que ses revenus fondaient, les petits boulots qui lui permettaient d'arrondir ses fins de mois ont également disparu, notamment après le fiasco du référendum d'indépendance de septembre dernier, raconte ce Kurde de 51 ans.
 
Aujourd'hui, son salaire a été relevé mais n'atteint toujours pas son montant initial, explique-t-il à l'AFP dans sa petite maison à l'ameublement vétuste où il vit avec sa femme, malade, et ses quatre enfants.

Alors chaque fin de mois reste une gageure: "il faut payer les factures, la scolarité de mes filles à l'université et les traitements en Iran de ma femme", énumère-t-il.

Sa région, le Kurdistan d'Irak qui élira dimanche son nouveau Parlement, a pourtant longtemps été un paradis pour les investisseurs dans un Moyen-Orient en crise.

Mais la percée du groupe Daech--arrivé en 2014 aux portes d'Erbil, la capitale de la région autonome--, la baisse des cours du pétrole, la corruption et la décision de Bagdad de ne plus contribuer au budget de la région --la privant de 80% de ses recettes--, ont donné un brusque coup d'arrêt à l'économie du Kurdistan.

- "Seuil catastrophique" -

"Début 2017, la crise économique atteignait un seuil catastrophique: les fonctionnaires --60% de la population active-- voyaient leur salaire réduit de moitié, voire pour certains de 75% (...), les investisseurs désertaient massivement, des milliers de projets en cours étaient abandonnés, le taux de population sous le seuil de pauvreté montait à 15%", rappelle à l'AFP Adel Bakawan, directeur général du Kurdistan Centre for Sociology (KCS) de l'université Soran, près d'Erbil.
 
Share/Save/Bookmark