Les migrants se cachent pour éviter les déplacements forcés

Taghrib (APT)
"On nous chasse comme des bêtes sauvages". Bamandou Kalli, un Guinéen de 18 ans, se terre dans une forêt près de Tanger, comme des dizaines de migrants fuyant les déplacements forcés menés par les autorités marocaines dans le nord du pays.
date de publication : Wednesday 5 September 2018 16:13
Code d'article: 356290
 
Les migrants se cachent pour éviter les déplacements forcés
"C'est de plus en plus difficile, de plus en plus inquiétant (...). On ne sait pas ce qu'on va devenir, on s'accroche à la vie mais ce n'est pas facile", témoigne Ibrahim, un Guinéen de 19 ans qui s'est lui aussi réfugié dans cette forêt pour fuir les rafles menées ces derniers jours à Tanger (nord).
 
Les autorités marocaines ont annoncé la semaine dernière avoir lancé une opération de déplacement de migrants vers le sud du pays pour "lutter contre les réseaux mafieux", après qu'une centaine de migrants a pénétré dans l'enclave espagnole de Ceuta, au nord du Maroc, le 22 août. Un assaut qualifié de "particulièrement agressif" par Rabat.

Ces derniers jours, des centaines de policiers appuyés par des forces spéciales et trois hélicoptères ont effectué plusieurs interventions musclées à Tanger dans les quartiers populaires de Boukhalef et de Mesnanatan, faisant plusieurs blessés, selon plusieurs témoignages de migrants et de riverains recueillis par l'AFP sur place.

Le but était de chasser les migrants originaires d'Afrique subsaharienne de leur logement, de les interpeller et de les embarquer dans des bus pour les déporter vers le sud du pays, d'après ces témoignages.

Deux Maliens, dont un adolescent de 16 ans, ont trouvé la mort début août lors de l'un de ces transferts.
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