Egypte: des ONG dénoncent l'"impunité" après des sit-in sanglants

Taghrib (APT)
Les ONG de défense des droits de l'Homme Amnesty International et Human Rights Watch (HRW) ont dénoncé l'"impunité" dont bénéficient les forces de sécurité en Egypte, cinq ans après un assaut contre deux sit-in lors duquel des centaines de personnes ont été tuées.
date de publication : Tuesday 14 August 2018 17:15
Code d'article: 351044
 
Egypte: des ONG dénoncent l
Le 14 août 2013, les forces de l'ordre avaient lancé un assaut sur les places Rabaa al-Adawiya et Nahda au Caire, où des milliers de personnes campaient avec femmes et enfants depuis six semaines pour réclamer le retour de l'islamiste Mohamed Morsi, premier président démocratiquement élu en Egypte, destitué en juillet 2013 par l'armée, alors dirigée par le maréchal Abdel Fattah al-Sissi.
 

Au moins 817 manifestants sont morts dans les heures ayant suivi l'assaut, selon HRW, qui parle de la "tuerie de masse la plus importante de l'histoire moderne égyptienne".

Depuis, des centaines d'islamistes, dont des responsables des Frères musulmans de M. Morsi, ont été jugés au cours de procès de masse, dénoncés comme "expéditifs" par les ONG de défense des droits de l'Homme. Mais aucun membre des forces de sécurité n'a été poursuivi pour la mort de ces manifestants.

"Cinq ans après le massacre de Rabaa, l'impunité continue d'alimenter une crise sans précédent pour les droits" de l'Homme, a déploré mardi dans un communiqué l'ONG Amnesty international.

"Le massacre de Rabaa a été un terrible tournant pour les droits de l'homme", renchérit la directrice des campagnes d'Amnesty pour l'Afrique du Nord, Najia Bounaim.

"Au cours des cinq dernières années, les violations des droits humains commises par des forces de sécurité égyptiennes, telles que des disparitions forcées et des exécutions extrajudiciaires, se sont produites à une échelle jamais vue auparavant", estime-t-elle.

Lundi, Human Rights Watch a estimé dans un communiqué que "cinq ans après le massacre de Rabaa, la seule réponse des autorités a été de mettre à l'abri les responsables de ces crimes".


 
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