Iran: Des tribunaux spéciaux pour juger les affaires de corruption

Taghrib (APT)
Le Leader de la Révolution islamique, l'Ayatollah Khamenei, a répondu par affirmative à une lettre du chef du pouvoir judiciaire iranien, Amoli-Larijani, Ce dernier demande la création des tribunaux spéciaux pour juger les affaires de corruption.
date de publication : Sunday 12 August 2018 16:50
Code d'article: 350385
 
Iran: Des tribunaux spéciaux pour juger les affaires de corruption
Dans une lettre adressée au leader de la Révolution islamique, l’ayatollah Khamenei, le chef du pouvoir judiciaire l’ayatollah Sadeq Amoli-Larijani, a réclamé son feu vert pour la création des tribunaux spéciaux chargés de juger les affaires de corruption, alors que le pays fait face à une "véritable guerre économique" imposée de l'extérieur. La requête a été acceptée au terme d'un décret qui engage la justice iranienne à " punir sans délais et de façon équitable toute personne ou entité étant impliquées dans des affaires de corruption".

L'ayatollah Khamenei exhorte aussi le pouvoir judiciaire à assister de près les tribunaux spéciaux pour la corruption et à s'assurer de la justesse de leurs démarches. L’ayatollah Amoli-Larijani a proposé dans sa lettre que de nouveaux tribunaux soient mis en place pour une durée de deux ans et qu’ils soient autorisés de prononcer des "peines maximales" pour ceux qui «perturbent et corrompent l’économie».

Sur l'ordre du ministère de l'Intérieur, des dizaines de personnes ont été arrêtées ces quatre dernières semaines pour "avoir perturbé le marché de devises et d’or". L'un des prévenus, selon le chef de la police de Téhéran, Hossein Rahimi, aurait multiplié des achats de pièces d’or et collecté une impressionnante quantité d'or chez lui pour pouvoir les revendre par la suite à un prix bien plus avantageux.

Les responsables ont attribué la volatilité du marché de devises à de multiples facteurs qui visent à détruire les actifs du pays et à susciter la déception et le mécontentement. Même scénario se joue en ce moment même en Turquie où la monnaie nationale perd de jour en jour de sa valeur sous l'effet psychologique crée par les sanctions. Plutôt que d'avoir des effets réels sur l'état de l'économie iranienne, les sanctions US que le président américain a annoncé, tambour battant, visait à créer un climat de psychose et à pousser le marché de devise à s'embraser.

Ceci dit, le nouveau gouverneur de la banque centrale iranienne a annoncé le 6 août, jour de l'entrée en vigueur de la première série des sanctions américaines, des mesures destinées à ouvrir le marché au commerce extérieur et intérieur. Ces mesures ont contribué à décrisper le marché et à arrête la hausse du dollar. 

Pour les autorités iraniennes, la lutte contre la corruption est une priorité et le décret du Leader de la Révolution islamique la faciliterait dans une large mesure. 
 
Par ailleurs, l'Iran a entrepris une vaste entreprise de dé-dollarisation propre à rendre inefficace les sanctions US. Celles-ci visent les achats iraniens en dollar américain lequel sera remplacé par des monnaies nationales aussi bien dans le commerce d’or et d’autres métaux précieux que dans les secteurs de l’automobile et de l’aviation.

Les autorités iraniennes ont déclaré que les mesures américaines équivalaient à une "guerre économique", guerre qui selon le président Hassan Rohani, produirait l'effet inverse.

"Les menaces nous uniront davantage, nous allons vaincre l'Amérique ", a-t-il déclaré avant de conclure :  "la défaite de l'Occident a un coût mais ses avantages pour nous seront infiniment plus importants ".
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