Les guerres économiques de Trump renforcent des alliances

Taghrib (APT)
Les guerres économiques de Trump enflamment le sentiment anti-américain sur plusieurs fronts et ne lui laisseront aucun autre ami qu’Israël. La révolte anti-US du Pakistan et de la Turquie et les sanctions US imposées à l'Iran, à la Russie et à la Chine ont contribué à créer une alliance de facto entre les pays de l'Est, alliance placée sous le signe de « haine de l’Amérique ». L'Europe pourrait finir par se rallier à cette alliance.
date de publication : Sunday 12 August 2018 16:39
Code d'article: 350380
 
Les guerres économiques de Trump renforcent des  alliances
Le président américain Donald Trump offre d’excellents services à ses ennemis et crée de grandes crises pour ses alliés, en ayant recours à des sanctions excessives et en lançant des guerres économiques sur divers fronts ; si de telles politiques se poursuivent, il ne lui restera aucun ami mis à part Israël et l’Arabie saoudite.

Dans son dernier article paru dans le journal Rai al-Youm, le célèbre analyste du monde arabe Abdel Bari Atwan estime que le président américain Donald Trump a imposé des sanctions économiques à la Turquie, entamé un blocus étouffant contre l’Iran, interdit le commerce avec la monnaie russe (rouble), durci les sanctions contre la Corée du Nord et se prépare maintenant à imposer des droits de douane sur les exportations chinoises vers son pays d’une valeur de 400 milliards de dollars sans manquer d’imposer des taxes similaires aux importations depuis l’UE.
 
Le président Trump a jusqu’à présent réussi à unifier les États islamiques les plus puissants du Moyen-Orient, l’Iran et la Turquie qui s’opposaient farouchement lors de la guerre en Syrie. Ceci portera un coup très dur aux projets de Washington de mettre en place une « OTAN arabe » dans la région.

Le point qui mérite réflexion est qu’au Pakistan, le futur Premier ministre Imran Khan désobéira à son allié américain. Tout comme le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères Mohammad Fayçal l’a annoncé, le Pakistan ne respecterait pas les sanctions américaines à l’encontre de l’Iran et il poursuivrait, comme à l’accoutumée, ses relations commerciales avec Téhéran. « Le Pakistan est un pays souverain et indépendant dont les politiques sont basées sur ses intérêts et non sur les diktats étrangers », a-t-il dit.

Rai al-Youm précise ensuite que cette soudaine prise de position pakistanaise signifie qu’Islamabad est sorti du camp saoudien et des pays du CCGP et a décidé de rester dans le camp iranien face au président Trump et à son administration. La Malaisie qui s’est retirée de la coalition pro-Riyad, se joint au Pakistan, et commence à retirer ses troupes du Yémen. La Malaisie est même allée plus loin en fermant un soi-disant Centre de lutte contre l’extrémisme établi par l’Arabie saoudite à Kuala Lumpur. Il n’est pas surprenant de voir que l’Indonésie fasse le même pas.

Abdel Bari Atwan ajoute par ailleurs que le rapprochement irano-pakistanais aura un impact négatif sur le plan des États-Uni qui prétendent vouloir renforcer la stabilité au Pakistan et y éliminer les talibans. Ce plan a déjà tué plus de 2.000 soldats de l’OTAN et a coûté 2 trillions de dollars depuis l’intervention américaine en Afghanistan en 2001.

Le blocus et les sanctions ne vont pas agenouiller l’Iran ou lui couper ses bras militaires forts dans la région. L’imposition d’un nouvel accord nucléaire modifié ne peut non plus lancer des protestations en Iran pour déstabiliser le pays ou faire changer le régime. L’ère du changement de régime irréversible est bel et bien révolue et la résistance de la Syrie, après sept ans d’interventions sanglantes, le gaspillage de 70 milliards de dollars, l’envoi de plus de 300.000 terroristes armés après leur formation et la formation d’une coalition de 70 pays sont des preuves significatives qui viennent, selon le journaliste arabe, à l’appui de cette réalité. « Les expériences en Libye, en Irak, au Yémen et en Afghanistan ne se répéteront plus jamais ».
L’Amérique n’est pas la seule superpuissance qui contrôle le monde ; la Chine, la Russie et d’autres puissances nucléaires comme la Corée du Nord, le Pakistan et l’Inde se battent contre cette arrogance américaine, en déclarant une guerre publique contre leurs sanctions.

Si le triangle Russie/Iran/Turquie s’unit sur un seul front face au siège américain, il réussira à faire échouer les États-Unis, et à porter atteinte au prestige lamentable des USA en tant que grande puissance mondiale.

Le monde pourra vivre sans le dollar, les marchés et le coca-cola américains. On est témoin d’une prise de conscience mondiale et de l’apparition d’un nouveau système économique indépendant basé sur un panier de devises dont le dollar US ne fait pas partie.

 
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