Pakistan : l'ex-Premier ministre Sharif en prison

Taghrib (APT)
Il a été trois fois Premier ministre, trois fois destitué, a connu l'exil... mais c'est depuis sa prison que Nawaz Sharif, figure politique majeure au Pakistan, a dû assister au triomphe électoral de son grand rival, l'ex-champion de cricket Imran Khan.
date de publication : Sunday 12 August 2018 12:21
Code d'article: 350294
 
Pakistan : l
Nawaz Sharif, 68 ans et incarcéré depuis mi-juillet, démarre un des derniers chapitres de sa longue carrière dans une cellule, où il purge une peine de dix ans pour corruption.
 
Il n'a pas pu participer aux élections législatives du 25 juillet, remportées par Imran Khan, qui prendra dans quelques jours les rênes d'un gouvernement de coalition.

Un tel scénario paraissait impensable il y a encore un an lorsque M. Sharif, alors Premier ministre populaire grâce à sa politique de grands travaux, semblait s'orienter vers une réélection facile.

Mais en juillet 2017, une décision controversée de la Cour suprême, qui le destitua pour corruption, brisa son élan. Il fut ensuite banni de la tête de son parti, la Ligue musulmane pakistanaise (PML-N), rendu inéligible et finalement emprisonné deux semaines avant le vote.

Pour "le lion du Pendjab", du nom de la riche province de l'Est dont il est originaire, la puissante armée pakistanaise a orchestré sa chute, secondée par la justice, afin de l'évincer du pouvoir et le remplacer par Imran Khan.

Mais Nawaz Sharif n'est pas le seul à estimer que les élections n'ont pas été "libres et justes". De nombreux observateurs ont qualifié la campagne de "plus sale" de l'histoire du pays du fait d'interférences multiples de l'armée. L'opposition crie à la fraude électorale.

M. Sharif "est puni pour une seule raison : car il n'a pas courbé l'échine" face aux militaires, affirme à l'AFP Mushahidullah Khan, ex-ministre du PML-N. "Nawaz Sharif ne s'est pas agenouillé devant eux. C'est Imran Khan qui l'a fait !"

"Nawaz Sharif se bat pour la suprématie du pouvoir civil" sur l'armée, renchérit Muhammad Zubair, un autre cadre du PML-N, qui lui rend visite chaque semaine.
 
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