Syrie: la coopération entre les groupes armés à l’est de l’Euphrate

Taghrib (APT)
Les forces militaires américaines restent en Syrie sur la côte est de l’Euphrate aux côtés de leurs alliés FDS.
date de publication : Monday 6 August 2018 13:04
Code d'article: 348444
 
Syrie: la coopération entre les groupes armés à l’est de l’Euphrate
Un responsable américain a annoncé que Donald Trump s’était engagé à garder les troupes US sur la côté est de l’Euphrate.

William Robak, qui avait déjà des missions d’ambassadeur à Bahreïn, en Tunisie, en Libye et en Irak, a, récemment, effectué une visite dans le sud de l’Euphrate dans le nord-est de la Syrie. Là il a eu une rencontre de quatre heures avec les responsables de la société civique dont Hamed al-Faraj, co-président du Conseil législatif, Hind al-Ali, co-président du Conseil exécutif et d’autres chefs et membres des délégations exécutives.

Le responsable américain a annoncé avoir officiellement été mandaté par le président Donald Trump pour gérer le dossier syrien. Ainsi, il a effectué des visites dans les villes et cités de l’est de l’Euphrate pour s’informer directement des événements en cours dans la région et décider des mesures nécessaires que son pays devait prendre.

Se disant, au nom de Trump, inquiet de l’avancée des daechistes dans les régions frontalières avec l’Irak (Nord de la Syrie, NDLR), Robak a dit que les troupes américaines resteraient, comme l’a promis le président US, dans les zones libérées de Daech et sous la domination des Forces démocratiques syriennes (FDS), à l’est de l’Euphrate pour y assurer la sécurité.

Les Forces démocratiques syriennes sont les supplétifs de l’OTAN et des États-Unis dans la région et ont la mission d’occuper l’est de l’Euphrate dans le but final de se dresser devant l’axe de la Résistance déployé dans la région.

Les FDS dominent, actuellement, la ligne frontalière syro-irakienne. Les terroristes de Daech se sont, en fait, retirés de la zone pour laisser la place à ces derniers, tous deux opérant sous le commandement américain et otanien.

Les Forces démocratiques syriennes ont mis sur pied des centres d’observation conjoints avec les troupes américaines dans la zone pour avoir une domination totale de tout le désert de Deir ez-Zor dans l’Est syrien.

Le 4 août, les FDS se sont lancées dans des opérations, le long de la frontière syro-irakienne depuis l’est de l’Euphrate. Elles ont pris le contrôle de deux champs pétroliers d’al-Azraq et d’al-Malah dans la banlieue est de la province de Deir ez-Zor et continuent leur avancée dans la zone. C’est d’ailleurs l’un des objectifs des États-Unis : « la domination du pétrole syrien ». Cela doit être réalisé à l’aide de leurs éléments sur ce territoire, que ce soit les éléments du Front al-Nosra et Daech ou les Kurdes des FDS.

Les membres de Daech ne sont plus présents que dans une seule partie du nord d’Abou Kamal et quelques villes et cités sur la rive de l’Euphrate. Ils attendent l’arrivée des FDS pour leur relayer la mission et quitter la région.

La présence des FDS, alliées des États-Unis, est l’un des facteurs de la crise en Syrie que le gouvernement syrien cherche à résoudre. D’ailleurs, le président syrien Bachar al-Assad l’avait déjà évoqué à plusieurs reprises, en ajoutant que les forces armées syriennes et les alliés continueraient leurs combats jusqu’à la restitution de tout le territoire syrien.

Il y a deux mois, le président syrien a mis en garde, lors d’une interview avec un média russe, contre les forces américaines déployées illégalement en Syrie.

Il a déclaré que les miliciens soutenus par les États-Unis, opérant dans l’est et le nord-est de la Syrie, empêchaient l’armée syrienne de reprendre le contrôle de tout le territoire national. Assad a averti que le soutien apporté par les Américains aux FDS, après qu’ils ont perdu leurs éléments du Front al-Nosra à Alep et Deir ez-Zor, n’était pas tolérable et donc le gouvernement syrien agira pour en finir avec tous les facteurs de déstabilisation du pays.
 
« Face aux FDS nous essayons de recourir au dialogue, car la plupart des membres de ce groupe sont des Syriens qui aiment leur patrie et qui n’aiment pas être instrumentalisés par les étrangers. En Syrie, personne n’a confiance aux Américains non seulement à cause de cette guerre, mais aussi parce qu’ils ne tiennent jamais leurs promesses et qu’ils font le contraire de ce qu’ils disent. Ils ne cessent de mentir. La seule option reste donc une coexistence pacifique entre les Syriens. Il s’agit de la première option, mais si cela ne marche pas, nous allons recourir à la force pour libérer les régions que contrôlent ces groupes. Nous n’avons d’autre option que de libérer tout le sol syrien, avec ou sans les Américains. Il faut que les Américains partent, car ce territoire nous appartient et il relève de notre droit de le libérer », a déclaré Bachar al-Assad.
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