Le principal parti pro-kurde change son dirigeant incarcéré

Taghrib (APT)
Le principal parti prokurde de Turquie a élu dimanche ses nouveaux chefs, pour remplacer notamment son charismatique leader incarcéré, Selahattin Demirtas, en vue d'élections nationales cruciales en 2019.
date de publication : Monday 12 February 2018 12:35
Code d'article: 311657
 
Le principal parti pro-kurde change son dirigeant incarcéré
Les quelque 800 délégués du Parti démocratique des peuples (HDP), réunis en congrès dimanche à Ankara, ont élu Pervin Buldan et Sezai Temelli comme co-présidents: se présentant comme étant à l'avant-garde sur les questions féministes, le HDP place à la fois un homme et une femme aux postes à responsabilité.
 
M. Temelli, un ancien député de 54 ans, remplace ainsi Selahattin Demirtas, 44 ans, dont huit à la tête du parti.

M. Demirtas a été arrêté avec une dizaine d'autres députés du HDP en novembre 2016, alors que les purges lancées après le putsch manqué s'étendaient aux milieux prokurdes.

Accusé notamment de diriger une "organisation terroriste" et de "propagande terroriste", il risque jusqu'à 142 ans de prison et a annoncé début janvier ne pas souhaiter se présenter à sa propre succession.

Mme Buldan, 50 ans, députée et vice-présidente du groupe HDP au parlement, succède à Serpil Kemalbay, nommée en mai pour remplacer Figen Yüksekdag, elle-même incarcérée et déchue de son mandat de députée.

Le congrès de dimanche se tenait sous très haute sécurité, au moment où le HDP est le seul parti élu au parlement à s'opposer à l'offensive militaire menée par la Turquie dans l'enclave syrienne d'Afrine pour en déloger une milice kurde considérée comme une organisation terroriste par Ankara mais alliée des Etats-Unis en Syrie.

Déjà fortement affecté par les purges qui ont suivi le putsch manqué de l'été 2016, le HDP affirme que plus de 350 de ses membres ont été arrêtés pour leur opposition à cette opération militaire lancée le 20 janvier.

Le président Recep Tayyip Erdogan avait en effet appelé à l'unité nationale autour de cette offensive, mettant en garde ceux qui s'y opposeraient.

Les autorités turques accusent le HDP d'être la vitrine politique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée "terroriste" par la Turquie, l'Union européenne et les Etats-Unis.

Mais le parti, troisième formation au Parlement, rejette ces allégations, affirmant être visé en raison de sa ferme opposition au président Erdogan.

Plusieurs portraits d'Abdullah Öcalan, le chef du PKK arrêté en 1999, sont néanmoins apparus sur un écran géant lors du Congrès.

 
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