Iran: la France poursuit ses relations économiques

Taghrib (APT)
La France poursuit son développement économique et diplomatique pour accompagner ses entreprises en Iran, même si "l'euphorie" des investisseurs est retombée après l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche et la crainte de sanctions américaines.
date de publication : Saturday 3 February 2018 17:52
Code d'article: 309909
 
Le directeur général de la banque publique d'investissement française Bpifrance, Nicolas Dufourcq, a dit cette semaine, quelques semaines avant une visite à Téhéran du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian, être en "discussions très avancées" avec les autorités iraniennes pour accompagner l'implantation d'investisseurs français en Iran.

L'Iran a tout pour séduire les entreprises françaises: "un pays à énorme potentiel", avec son marché intérieur de 80 millions de personnes, des réserves de pétrole et gaz parmi les plus importantes au monde et une industrie qui requiert d'énormes investissements, explique à l'AFP Ludovic Subran, chef économiste chez l'assureur-crédit Euler Hermes.

Mais l'arrivée au pouvoir de Donald Trump il y a un an a renforcé la crainte de sanctions extra-territoriales des Etats-Unis. Il y avait eu ainsi le précédent de la banque française BNP Paribas qui avait écopé d'une amende de 8,9 milliards de dollars en 2014 pour avoir enfreint les lois américaines contre l'Iran et d'autres pays.

"Le contexte a beaucoup changé par rapport à l'euphorie de 2015 et 2016, au moment de la levée partielle des sanctions", explique à l'AFP Julien Marcilly, chef économiste de l'assureur-crédit Coface".

"Beaucoup d'entreprises, qu'elles soient françaises ou pas, se trouvent dans une zone grise et attendent d'y voir plus clair avant d'y aller franchement", ajoute-t-il. Il mentionne "l'imprévisibilité" américaine.

"Ces incertitudes ne sont évidemment pas propices aux prises de décision et provoquent une sorte d'attentisme", dit un spécialiste des affaires commerciales avec l'Iran, sous couvert de l'anonymat. "On marque le pas", affirme-t-il.

 
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