Violences envers les Rohingyas: la rébellion revendique une embuscade contre l'armée birmane

Taghrib (APT)
Des rebelles rohingyas ont revendiqué dimanche la responsabilité d'une embuscade tendue contre les forces de sécurité birmane qui a fait plusieurs blessés dans l'Etat Rakhine (nord), la première attaque du genre depuis des semaines dans cette région ravagée.
date de publication : Sunday 7 January 2018 16:52
Code d'article: 304037
 
L'Armée du salut des Rohingyas de l'Arakan (Arsa) n'a mené ces derniers mois que quelques rares attaques. Mais l'armée a déclaré qu'une "dizaine" de Rohingyas avaient tendu une embuscade à l'un de ses véhicules vendredi, à l'aide de mines artisanales. Deux officiers et le chauffeur ont été blessés, selon la même source.

Les rebelles ont revendiqué cette attaque sur leur compte Twitter officiel.

"L'Arsa déclare que nous avons mené une embuscade contre l'armée terroriste birmane le 5 janvier 2018 aux environs de 10h00", dit le texte sans autre précision sur la nature de l'attaque.

"Le peuple rohingya doit être consulté sur toutes les prises de décision qui affectent ses besoins humanitaires et son avenir politique." La capacité actuelle de combat de l'Arsa n'est pas connue. Dans un récent rapport, l'ONG International Crisis Group (ICG) remarquait cependant que l'organisation "semble déterminée à rassembler ses forces et rester pertinente" et pourrait s'appuyer sur le désespoir des réfugiés bloqués dans des camps.

Environ 650.000 Rohingyas ont fui au Bangladesh voisin après le début des violences au Myanmar. Là, ils ont livré des récits éprouvants, parlant de meurtres et de viols. L'armée birmane dément toute exaction et soutient que ses opérations constituaient une réponse proportionnée à la menace "terroriste".

Les musulmans rohingyas représentent la plus grande population apatride du monde depuis que la nationalité birmane leur a été retirée en 1982, sous le régime militaire.

Victimes de discriminations, ils n'ont pas de papiers d'identité, ne peuvent pas voyager ou se marier sans autorisation. Et ils n'ont accès ni au marché du travail ni aux services publics comme les écoles et hôpitaux.
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