Le président français s'abstient de reconnaître la Palestine

Taghrib (APT)
"Il n'existe aucune alternative viable à la solution des deux Etats", a déclaré vendredi à Paris, le chef de l'Etat français Emmanuel Macron, lors d'une conférence de presse commune avec Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne, au lendemain de la condamnation par l'ONU de la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël.
date de publication : Saturday 23 December 2017 12:12
Code d'article: 301020
 
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Le chef de l'Etat français Emmanuel Macron a indiqué s'inscrire "dans une tradition française qui, je le crois vraiment, est un juste chemin, celui de la recherche de paix et de stabilité dans la région qui requiert une résolution du conflit et la reconnaissance pleine et entière des deux Etats", a-t-il dit.

"Cette paix, pour la France, doit passer par la réalisation des droits légitimes des Palestiniens à disposer d'un Etat viable et indépendant conformément à la légalité internationale, a-t-il poursuivi.

"Il n'existe aucune alternative viable à la solution des deux Etats", a affirmé le président français qui a souligné que "la France a toujours condamné et condamne la poursuite de la colonisation" et qu'il est "indispensable de poursuivre les initiatives de paix lancées ces derniers mois".

"Décider unilatéralement de reconnaître la Palestine est-il efficace?" s'est-il interrogé en réponse à une question d'un journaliste du Figaro. "Je ne crois pas. Car ce serait une réaction à la décision américaine qui a provoqué des troubles dans la région", a-t-il poursuivi. "Je répliquerais une erreur d'un type pareil", a-t-il jugé, ajoutant qu'il n'allait "pas construire le choix de la France en réaction" à la politique américaine. "Les Américains sont marginalisés, j'essaye de ne pas faire de même", a-t-il dit.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a pour sa part fait savoir qu'il n'accepterait aucun plan américain visant à raviver le processus de paix avec Israël après la décision du président Trump, considérant que "les Etats-Unis ne sont plus un médiateur honnête dans le processus de paix". "En faisant cela les Etats-Unis se sont disqualifiés eux-mêmes", a-t-il dit.

Le dirigeant palestinien a d'autre part critiqué les menaces financières adressées par les Etats-Unis aux pays susceptibles de condamner leur position sur Jérusalem à l'ONU.

"On ne peut pas imposer au monde des positions en utilisant l'argent. On ne peut pas payer des Etats en exigeant qu'ils adoptent une position politique donnée", a-t-il dit.

L'annonce du président américain, le 6 décembre, reconnaissant Jérusalem comme capitale d'Israël, a provoqué des manifestations en Cisjordanie et dans les territoires occupés, mais aussi en Turquie ou encore en Indonésie.

A l'ONU, sur les 193 pays membres, 128 ont voté jeudi en faveur d'une résolution condamnant cette décision américaine, dont de nombreux alliés traditionnels de Washington, comme la France et le Royaume-Uni. Trente-cinq Etats se sont abstenus, et 21 n'ont pas pris part au scrutin. Neuf pays (dont les Etats-Unis et Israël) ont voté contre.
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