Yémen: Les dollars saoudiens jouent leur rôle

Taghrib (APT)
L'alliance entre les deux composantes de la rébellion yéménite semble avoir volé en éclats, des affrontements meurtriers les opposant dans la capitale et l'ex-président Ali Abdallah Saleh se disant prêt à "tourner la page" avec l'Arabie saoudite au grand dam des révolutionnaires Houthis.
date de publication : Sunday 3 December 2017 11:41
Code d'article: 296964
 
De violents affrontements se sont poursuivis samedi à Sanaa entre les partisans de M. Saleh et les Houthis qui ont dénoncé un "coup de force" et une "grande trahison" de leur allié.
 
A la tête du Yémen pendant plus de 30 ans et chassé du pouvoir en 2012 à la suite d'importantes manifestations, Ali Abdallah Saleh s'est déclaré samedi matin ouvert à des discussions avec l'Arabie saoudite si le blocus qu'elle impose au Yémen est levé.

Les forces de M. Saleh, alliées au mouvement Houthis, affrontent depuis mars 2015 une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite et qui est intervenue au Yémen pour soutenir le successeur de M. Saleh, Abd Rabbo Mansour Hadi.

Samedi, les deux groupes se sont affrontés pour le contrôle de positions-clés à Sanaa, y compris des ministères et l'aéroport international, selon des sources sécuritaires et des témoins. En fin de journée, la capitale avait l'allure d'une "ville fantôme", selon un habitant.

Ces violences pourraient entraîner l'ouverture d'un nouveau front dans ce pays pauvre de la péninsule arabique, ravagé par la guerre et qui connaît la "pire crise humanitaire" de la planète, selon les Nations unies.

Ryad a renforcé le blocus autour du Yémen après un tir de missile des Houthis le 4 novembre vers la capitale saoudienne.

"Nous promettons à nos frères et voisins que dès qu'un cessez-le-feu sera en place et que le blocus sera levé, nous dialoguerons directement via l'autorité légitime représentée par notre Parlement", a ajouté M. Saleh.

Cette initiative a été accueillie favorablement par l'Arabie saoudite qui était en froid avec M. Saleh depuis 2012 et qui accuse les Houthis d'être armés par son grand rival régional l'Iran, malgré les démentis de Téhéran.

Mais un porte-parole des Houthis a dénoncé le discours de M. Saleh comme "un coup de force contre notre alliance et notre partenariat (...) et révèle l'imposture de ceux qui affirment lutter contre l'agression" saoudienne.

Leur chef, Abdelmalek al-Houthi, 38 ans, a enfoncé le clou, qualifiant la démarche de l'ex-président de "grande trahison" et affirmant que M. Saleh et la coalition sous commandement saoudien ne formaient désormais qu'un "seul front".


L'émissaire de l'ONU au Yémen, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, s'est dit "profondément inquiet" de la situation, appelant à la "retenue" et à épargner les civils.

Pendant ses 33 ans au pouvoir, M. Saleh, 75 ans, a combattu à six reprises les Houthis, issus de l'importante minorité zaïdite (branche du chiisme) très présente dans le nord du Yémen.

Les deux camps étaient officiellement alliés depuis qu'ils s'étaient emparés de Sanaa en septembre 2014, poussant Hadi à prendre la fuite.
 
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