Cheikh Ali Salman boycotte son nouveau procès

Taghrib (APT)
Le chef politique de l'opposition à Bahreïn, cheikh Ali Salmane, qui purge une peine de neuf ans de prison, a refusé lundi d'assister à l'ouverture d'un nouveau procès qui lui est intenté pour "intelligence" avec le Qatar.
date de publication : Monday 27 November 2017 17:33
Code d'article: 295985
 
Le prévenu, âgé de 52 ans, "a refusé d'assister à l'audience" marquant l'ouverture du procès devant la Haute cour pénale, a indiqué, dans un communiqué, le procureur général de Bahreïn sans autre explication.

Il a ajouté que les deux assistants du chef de l'opposition, Hassan Sultan et Mehdi Ali Lassoued, étaient en fuite et que la prochaine audience avait été fixée à mercredi.

Par ailleurs, le chef spirituel de la communauté chiite bahreïnie, cheikh Issa Qassem, qui est de fait assigné à résidence depuis une condamnation en 2016, est tombé gravement malade, a indiqué lundi un proche.

Dans un communiqué, le groupe d'opposition Bird a précisé que l'état de santé d'Issa Qassem s'était "sérieusement détérioré" dimanche et qu'une équipe de médecins qui a pu lui rendre visite avait diagnostiqué "une hernie nécessitant une opération d'urgence".

"La monarchie bahreïnie joue avec le feu", a affirmé le directeur de Bird, Sayed Ahmed Alwadei, en exigeant un traitement médical approprié pour le dirigeant religieux.

Ce dignitaire de 75 ans avait été déchu de la nationalité bahreïnie en juin 2016 après avoir été accusé par les autorités d'avoir servi "des intérêts étrangers".

De son côté, Ali Salmane et ses deux assistants ont été inculpés "d'intelligence avec l'Etat du Qatar en vue de commettre des actions hostiles dans le but de nuire à la position politique et économique du royaume de Bahreïn, de renverser son régime et de dévoiler ses secrets défense".

Ali Salmane a été formellement inculpé le 1er novembre sur la base d'une conversation téléphonique datant de 2011 entre l'opposant chiite bahreïni et l'ancien Premier ministre du Qatar, cheikh Hamad ben Jassem Al-Thani.

Cette inculpation est intervenue après l'embargo décrété contre le Qatar par quatre pays arabes, dont Bahreïn, qui accusent ce pays du golfe Persique de soutenir des mouvements "terroristes", ce que Doha dément.

Bahreïn mène depuis 2011 une sévère répression contre les représentants de la majorité qui réclament des réformes et le respect des droits de l'Homme.

La famille des Al-Khalifa au pouvoir nie toute discrimination envers les opposants.
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